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Gregory Pouy
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    [SOLO] Et si fuir l'incertitude était ce qui nous détruisait vraiment ?

    12.03.2026 | 51 Min.
    Tout part d'un déjeuner avec Pablo Servigne — chercheur sur les effondrements, que j'avais reçu quelques semaines plus tôt sur VLAN. Une conversation qui dérive vers la géopolitique, les polycrises, le contexte général. J'utilise le mot "chaos" comme je le fais tout le temps, dans mes newsletters, mes conférences, mes conversations quotidiennes. Et Pablo me regarde avec un sourire tranquille et me dit : "Mais tu parles du chaos comme si c'était un problème. La vie, elle danse toujours au bord du chaos."

    Quelques secondes de silence. Et la réalisation que j'utilisais peut-être ce mot depuis des années avec une erreur fondamentale dedans.

    Dans cet épisode, je vous parle de ce que j'ai découvert en creusant cette phrase : l'étymologie grecque du chaos, les travaux de Stéphane Gastello sur les systèmes dynamiques, la théorie du chaos des carrières de Robert Pryor et Jim Bright, Roy Bird sur la vie comme phénomène chaotique, Michael Conrad sur l'adaptabilité, Donna Brother sur l'anxiété cartésienne, Hartmut Rosa sur l'accélération sociale et la résonance manquée, Byung-Chul Han sur la transparence, Matthew Welsh sur la responsabilité adaptative, Viktor Frankl sur le sens — et Cécile Wendling, que je reçois cette semaine sur VLAN, qui m'a rappelé que le mot "crise" lui-même est une construction sociale qui génère ses propres angles morts.

    J'ai questionné tout ce que je pensais savoir sur notre rapport collectif à l'imprévisible : pourquoi notre cerveau traite l'incertitude comme une menace mortelle, ce qui distingue vraiment les systèmes qui s'effondrent de ceux qui se transforment, et ce que la recherche dit concrètement sur comment naviguer dans ce qui, par nature, ne sera jamais stable.

    Ce n'est pas du développement personnel. C'est plus fondamental que ça.

    CITATIONS MARQUANTES

    1. "La vie, elle danse toujours au bord du chaos."
    — Pablo Servigne (rapporté par Grégory, 01:48)

    2. "Le chaos, ce n'est pas l'opposé de l'ordre. C'est le processus par lequel l'ordre émerge, de façon non planifiée."
    — Grégory Pouy (08:49)

    3. "On ne souffre pas du chaos, on souffre du fait que le chaos n'est pas ce que nous pensions que le monde devrait être."
    — Grégory Pouy (13:09)

    4. "La fourmilière n'est pas construite malgré l'absence de plan central — elle est construite précisément grâce à cette absence."
    — Grégory Pouy (09:37)

    5. "Les individus, les collectifs qui traverseront le mieux ces turbulences, ce ne seront pas ceux qui auront eu les meilleurs plans. Ce seront ceux qui auront développé la capacité à naviguer dans l'incertitude."
    — Grégory Pouy (49:19)

    BIG IDEAS

    1. Le chaos n'est pas le désordre — c'est la condition du vivant [05:20 – 08:49]
    KHAOS en grec = vide primordial, espace de possibilités pures. Au sens scientifique (Gastello), le chaos désigne des dynamiques précises qui génèrent des structures stables — les fractales, le rythme cardiaque sain, la croissance des arbres. Le chaos n'est pas l'opposé de l'ordre : c'est le processus par lequel l'ordre émerge.
    Pourquoi c'est important :
    Toute la façon dont on traite l'imprévisible est fondée sur une erreur de définition. On combat ce qui est, en réalité, la condition de base de la vie.

    2. Notre cerveau est biologiquement câblé pour traiter l'incertitude comme une menace mortelle [10:36 – 13:09]
    L'amygdale ne distingue pas un lion d'une incertitude professionnelle. L'anxiété cartésienne (Donna Brother) ajoute une couche culturelle : depuis Descartes, la certitude est l'idéal. On souffre donc deux fois — de l'incertitude réelle, et de la croyance qu'elle ne devrait pas exister.
    Pourquoi c'est important :
    Comprendre l'origine biologique et culturelle de notre rapport au chaos permet d'arrêter de se battre contre soi-même, avant même d'agir sur le monde.

    3. L'orée du chaos — ni trop stable, ni effondré — c'est là que tout se passe [18:36 – 20:20]
    Les chercheurs en systèmes complexes ont identifié une zone spécifique d'instabilité intermédiaire ("edge of chaos") où l'innovation émerge, où la créativité devient possible, où les transformations profondes ont lieu. Ni dans la stabilité confortable, ni dans l'effondrement total.
    Pourquoi c'est important :
    Cela change radicalement la lecture des périodes de turbulence : ce ne sont pas des anomalies à corriger, ce sont des espaces de transformation réelle.

    4. Effondrement ≠ chaos : la distinction que personne ne fait [29:00 – 30:50]
    Cécile Wendling : tous les systèmes chaotiques ne se réorganisent pas en quelque chose de mieux. Certains s'effondrent. Pablo Servigne : certains scénarios ne produisent pas quelque chose de préférable à ce qui existait. Romantiser le chaos serait une erreur aussi grave que d'en avoir peur.
    Pourquoi c'est important :
    Nuance indispensable pour ne pas tomber dans un optimisme naïf ou un relativisme commode face aux vraies crises.

    5. Flexibilité > solidité — et la résilience a un coût réel [30:50 – 35:11]
    Ce qui protège les systèmes face au chaos, ce n'est pas la rigidité mais la capacité à se laisser traverser et réorganiser. Et la résilience — souvent présentée comme un idéal — a un coût corporel réel (charge allostatique) qu'on invisibilise systématiquement.
    Pourquoi c'est important :
    Arrêter de vendre la résilience sans mentionner ce qu'elle coûte. Reconnaître que "tenir" n'est pas la même chose qu'"être indemne".

    6. L'optimalisme et la joie rebelle comme posture de navigation [43:55 – 45:35]
    Ni déni ("la tech va tout résoudre"), ni résignation ("on n'y peut rien"). L'optimalisme = regarder lucidement la réalité, y compris ses parties sombres, et agir quand même avec engagement et créativité. La joie rebelle = une discipline, pas une humeur. Un choix, pas un confort.
    Pourquoi c'est important :
    C'est la troisième voie que VLAN essaie de tenir depuis le début. Elle s'ancre ici dans une littérature de recherche solide, pas dans un vœu pieux.

    QUESTIONS POSÉES OU POSABLES

    1. Tu utilises le mot "chaos" en permanence — mais qu'est-ce que tu voulais dire par là, avant ce déjeuner avec Pablo ?
    2. Cette phrase de Pablo — "la vie danse au bord du chaos" — elle t'a arrêté net. Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête à ce moment précis ?
    3. Comment expliquer que le sens commun du mot "chaos" soit aussi éloigné de son sens scientifique ou étymologique ?
    4. Le cerveau qui traite l'incertitude comme une menace : est-ce qu'on peut vraiment reconditionner ça, ou est-ce qu'on apprend juste à composer avec ?
    5. Tu cites Pryor et Bright sur les trajectoires non linéaires. Est-ce que ça voulait dire que planifier est inutile, ou juste qu'il faut changer de rapport au plan ?
    6. Toi tu as quitté le marketing digital sans plan. C'était du courage, de la naïveté, ou les deux ?
    7. Où est-ce que tu traces la ligne entre accepter le chaos et se résigner ?
    8. La résilience a un coût réel — charge allostatique, usure du système nerveux. Comment on en tient compte sans décourager les gens qui "tiennent" ?
    9. L'optimalisme que tu décris, c'est difficile à tenir dans les périodes de vraie turbulence. Qu'est-ce qui t'y aide concrètement ?
    10. La joie rebelle — c'est un concept que tu as créé. C'est quoi la différence avec ce qu'on appellerait simplement de la "résilience positive" ?


    RÉFÉRENCES CITÉES

    Personnes

    Pablo Servigne
    Chercheur sur les effondrements ; déjeuner déclencheur ; "la vie danse au bord du chaos" — 00:55
    Stéphane Gastello
    Psychologue américain ; théorie des systèmes dynamiques appliquée aux humains — 06:13
    Robert Pryor & Jim Bright
    Chercheurs australiens ; théorie du chaos des carrières ; trajectoires non linéaires — 13:09
    Roy Bird
    Chercheur britannique ; livre sur chaos, évolution et pensée ; "la vie est un phénomène chaotique" — 16:38
    Michael Conrad
    Chercheur américain ; article des années 80 : What is the use of chaos? ; chaos = adaptabilité — 17:38
    Donna Brother
    Psychanalyste américaine ; concept d'anxiété cartésienne — 12:12
    Hartmut Rosa
    Sociologue allemand ; accélération sociale, stabilisation dynamique, résonance manquée — 23:39
    Byung-Chul Han
    Philosophe coréen-allemand ; société de la transparence — 26:23
    Cécile Wendling
    Prospectiviste, invitée de l'épisode suivant de VLAN ; effondrement ≠ chaos ; le mot "crise" comme construction sociale — 27:14
    Matthew Welsh
    Chercheur britannique ; gestion sociopolitique de l'incertitude ; responsabilité adaptative — 42:13
    Viktor Frankl
    Psychiatre autrichien, survivant des camps ; logothérapie ; le sens comme ancre dans le chaos — 38:22
    Mathieu Dardaillon
    Ami de Grégory ; bootcamp + boussole anti-chaos — 39:19

    Concepts & œuvres

    What is the use of chaos?
    Michael Conrad — 17:38
    Théorie du chaos des carrières
    Pryor & Bright — 13:09
    Anxiété cartésienne
    Donna Brother — 12:12
    Accélération sociale / stabilisation dynamique
    Hartmut Rosa — 24:25
    Résonance / résonance manquée
    Hartmut Rosa — 40:15
    Société de la transparence
    Byung-Chul Han — 26:23
    Responsabilité adaptative
    Matthew Welsh — 43:02
    Optimalisme / Joie rebelle
    Grégory Pouy — 43:55 / 44:42

    TIMESTAMPS CLÉS

    00:00 — Introduction VLAN
    Jingle signature + annonce de l'épisode solo sur le chaos

    00:55 — Le déjeuner avec Pablo Servigne
    La phrase qui a tout changé : "la vie danse au bord du chaos"

    02:40 — L'ordre absolu = la mort
    Si l'inverse du chaos est la mort, alors le chaos est la condition du vivant

    05:20 — Le sens original du mot "chaos"
    Étymologie grecque : KHAOS = espace de possibilités pures, pas le désordre

    07:04 — Le chaos scientifique : attracteurs, fractales, effet papillon
    Gastello : le chaos génère des structures stables et reconnaissables

    09:37 — La fourmilière sans architecte
    L'auto-organisation comme principe universel du vivant

    10:36 — Pourquoi notre cerveau déteste l'incertitude
    Biologie de la peur : l'amygdale ne distingue pas un lion d'une incertitude

    12:12 — L'anxiété cartésienne (Donna Brother)
    Souffrir non du chaos, mais de la croyance qu'il ne devrait pas exister

    14:11 — La théorie du chaos des carrières (Pryor & Bright)
    Personne n'arrive là où il pensait aller — et c'est une information, pas un échec

    16:38 — Roy Bird : la vie EST un phénomène chaotique
    Sans le chaos, ni la pieuvre, ni l'orchidée, ni le cerveau humain

    18:36 — L'orée du chaos : la zone où tout se transforme
    Ni trop stable, ni effondré : c'est là qu'émerge l'innovation

    21:47 — Mon histoire : quitter le marketing digital sans plan
    Un mini-chaos qui a rendu possible ce que je fais aujourd'hui

    22:42 — Notre société simule la certitude
    Marchés, plans stratégiques, promesses politiques : on préfère une certitude fausse

    24:25 — Hartmut Rosa : courir pour rester à la même place
    L'accélération sociale et la résonance manquée

    27:14 — Cécile Wendling : le mot "crise" n'est pas neutre
    Construction sociale qui crée ses propres angles morts

    29:45 — Effondrement ≠ chaos : la distinction cruciale
    Pablo Servigne : certains systèmes ne se réorganisent pas en mieux

    31:51 — Flexibilité > solidité
    Ce qui protège n'est pas la rigidité, mais la capacité à se laisser traverser

    33:27 — Le bambou vs le chêne
    Résilience vs robustesse : ce qui compte dans un monde fondamentalement chaotique

    34:19 — La résilience a un coût réel
    Charge allostatique : rebondir ne signifie pas être indemne

    37:32 — Pratique : l'incertitude positive (Pryor & Bright)
    Traiter l'imprévu comme une information, pas comme une menace

    38:22 — La curiosité comme boussole + Viktor Frankl
    Le sens résiste au chaos. La question à se poser en turbulence

    43:55 — L'optimalisme et la joie rebelle
    Ni déni, ni résignation : la troisième voie

    46:24 — Ce qui a vraiment changé après le déjeuner avec Pablo
    Reconnaître le réflexe de contrôle sans en être l'esclave

    50:17 — Question finale à l'audience + outro
    Face à votre prochaine turbulence : naviguer ou résister ?


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    #385 Comment redonner envie du futur dans un monde en "chaos"? avec Cécile Wendling

    10.03.2026 | 59 Min.
    Cécile Wendling est prospectiviste et fondatrice de Pan-or-amique, elle pense à 20, 30, 100 ans — pas par anxiété, mais par élan de vie. Cécile a dirigé la prospective du groupe AXA avant de tout quitter pour créer sa propre structure. Elle a passé des années à aider des organisations, des dirigeants, des individus à se projeter dans le temps long — pas pour prédire l'avenir, mais pour l'écrire lucidement. Elle est sociologue, constructiviste, et elle a cette capacité rare de transformer ce qui nous paralyse en terrain fertile. Je la connais depuis un moment, j'admire sa façon de tenir les deux bouts sans jamais tomber ni dans le catastrophisme ni dans la pensée magique.
    Dans cet épisode, nous parlons de ce qui nous empêche de nous projeter, de pourquoi la crise est peut-être autant un construit social qu'une réalité, et de comment le temps lui-même est une invention que la société nous impose. J'ai questionné Cécile sur les inégalités face au futur, sur l'Afrique comme laboratoire mondial de l'innovation, sur le conatus de Spinoza comme boussole intérieure, sur ce que ça fait vraiment de sauter d'un grand paquebot pour pagayer dans un petit rafiot. On parle aussi de ce qu'on transmet aux enfants, de l'entraide comme ressource immatérielle, de la dépendance au sentier, du clavier AZERTY et des déchets nucléaires — et tout ça forme un fil cohérent, joyeux, profond, sur la façon dont on peut reprendre la main sur son avenir.

    3. CITATIONS MARQUANTES
    "Chacun de nous écrit l'avenir chaque jour par ses décisions. Avoir des décisions de temps long, c'est ça aussi œuvrer à une humanité différente." (Partie 1, ~06:00)
    "Si on n'est pas capable d'imaginer un avenir où on est heureux de vivre, on ne peut pas le créer, on ne peut pas le faire advenir." (Partie 1, ~30:30)
    "Le pouvoir a besoin de tristesse parce qu'il sait la contrôler, il sait la manipuler." (Cécile citant Deleuze, Partie 1, ~15:10)
    "Le vide n'existe pas. Mais ça, tu t'en rends compte que quand tu es dans ton petit rafiot à pagayer." (Partie 2, ~08:20)
    "Claquer la porte à la violence. Et ouvrir la porte au temps long, à se projeter et inventer l'avenir." (Partie 2, ~25:15)
    4. IDÉES CENTRALES DISCUTÉES
    1. Le temps long comme acte politique et humaniste Titre : Décider loin, c'est résister Explication : Dans un monde qui nous force au temps court (contenus jetables, polycrise, dopamine instantanée), choisir de s'inscrire dans une pratique longue — yoga, instrument de musique, doctorat, engagement — est une forme de résistance et d'émancipation. Ce n'est pas de la lenteur, c'est de la profondeur. Pourquoi c'est important : Parce que sans cette capacité, on devient réactif plutôt qu'acteur. Et Cécile montre que cette inégalité face au temps long a des conséquences concrètes : santé, épargne, alimentation. Timestamp : Partie 1, ~05:00 → 09:00
    2. La crise comme construction sociale — et ses angles morts Titre : On a mis des lunettes grises, et on a oublié qu'on pouvait les enlever Explication : Cécile questionne frontalement notre façon de nommer "crise" tout ce qui arrive. Ce label n'est pas neutre : il induit des décisions précipitées, sacrifie ce qu'on juge "non essentiel" (la culture pendant le Covid), et nourrit les passions tristes au sens de Spinoza — peur, résignation, paralysie — qui nous coupent de notre élan vital. Pourquoi c'est important : Parce que changer de lunettes n'est pas de la naïveté. C'est un acte cognitif et politique qui ouvre d'autres modes d'action. Timestamp : Partie 1, ~12:00 → 17:00
    3. Le conatus : le feu qu'on ne développe pas, qu'on libère Titre : Ce n'est pas ton cerveau qui sait — c'est ton feu Explication : Face à l'angoisse des parents devant l'IA et les métiers de demain, Cécile propose une réponse contre-intuitive : au lieu de regarder à l'extérieur, se reconnecter à son désir le plus intime. Le conatus (Spinoza) — cet élan vital propre à chacun — ne se développe pas, il se libère : par le lien, l'engagement, la contemplation, et en ôtant la pression de l'ultra-performance. Pourquoi c'est important : Parce que c'est la seule boussole stable dans un monde incertain. Timestamp : Partie 2, ~01:30 → 03:30
    4. L'entraide comme ressource immatérielle — invisible, mais fondamentale Titre : Ce qu'on ne mesure pas, on le détruit Explication : Depuis Thatcher et Reagan, nos sociétés ont surinvesti ce qui se mesure (PIB, productivité) et désinvesti les ressources immatérielles : confiance, empathie, entraide. Or ces ressources fonctionnent comme le temps long — plus on les nourrit, plus elles grandissent ; si on les abandonne, le lien social s'effondre rapidement. La tontine féminine, Leetchi détourné par des agriculteurs, le low-tech africain : l'entraide existe partout, souvent invisible. Pourquoi c'est important : Parce que face aux inégalités que les politiques macroéconomiques ne savent pas résoudre, l'entraide locale est la réponse de terrain la plus puissante et la plus rapide à activer. Timestamp : Partie 1, ~20:00 → 24:00
    5. La dépendance au sentier — pourquoi le passé emprisonne le futur Titre : Le clavier AZERTY et les déchets nucléaires ont la même origine Explication : Se projeter en arrière ne sert pas à répéter le passé, mais à identifier les "dépendances au sentier" et les "effets cliquet" : des choix initiaux qui contraignent toutes les décisions suivantes. Le clavier AZERTY (conçu pour ralentir les dactylos), le nucléaire (conçu pour miniaturiser une arme avant de faire une centrale) illustrent comment un critère de départ non questionné génère des coûts considérables sur le long terme. Pourquoi c'est important : Parce que prendre conscience de ces biais structurels est la condition nécessaire pour en sortir — individuellement et collectivement. Timestamp : Partie 2, ~12:00 → 14:30
    6. L'Afrique, laboratoire du monde de demain Titre : Pendant qu'on vieillit, eux inventent Explication : Démographiquement, l'Afrique sera le continent dominant à 2100. Contrainte par le manque, elle invente des solutions frugales brillantes (IA sur carte SIM sans réseau, tontine, low-tech). L'afrofuturisme est le mouvement culturel et intellectuel par lequel ces populations reprennent la narration de leur propre avenir. Pendant ce temps, l'Occident vieillit et — sociologiquement — devient plus conservateur, moins innovant. Pourquoi c'est important : Parce que refuser de s'inspirer de l'Afrique par néocolonialisme inconscient, c'est se priver de la source d'innovation la plus féconde des prochaines décennies. Timestamp : Partie 1, ~24:30 → 27:30
    5. QUESTIONS
    Qu'est-ce que ça veut dire concrètement être prospectiviste — et pourquoi tu n'es pas devin ?
    Comment on fait pour se projeter dans le temps long quand le futur nous semble chaotique et flou ?
    Face à la paralysie ou à l'écoanxiété, qu'est-ce qui permet de réinjecter de la joie dans sa vision du futur ?
    On vit une polycrise réelle — crises climatique, géopolitique, économique, sociale — comment tu arrives à aimer cette époque malgré tout ?
    Est-ce que la crise n'est pas en partie une construction sociale, une paire de lunettes qu'on pourrait enlever ?
    Quel est le discours qu'on peut tenir aux personnes qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, à ceux que l'optimisme ressemble à une offense ?
    Est-ce que le futur appartient à l'Afrique — et pourquoi on a autant de mal à s'en inspirer ?
    Pourquoi aider les gens à se projeter dans le temps long est ta raison d'être — et qu'est-ce que ça change dans une vie de penser à 20, 30, 100 ans ?
    Comment est-ce qu'on ose quitter sa zone de confort quand tout dans la société nous pousse vers le confort et la sécurité ?
    Le futur ne répète pas le passé — alors à quoi ça sert de se projeter en arrière, et qu'est-ce que la dépendance au sentier nous apprend sur les choix qu'on fait aujourd'hui ?
    6. RÉFÉRENCES CITÉES DANS L'ÉPISODE
    Personnes
    Hal Hershfield — Chercheur ayant conduit des expériences IRM sur la capacité de projection temporelle. Montre que certains ne peuvent pas se projeter dans leur futur-soi. (Partie 1, ~28:00)
    Mathieu Dardaillon — Auteur de L'Anti-Chaos, invité précédent du podcast. Cécile reprend sa méthode A-B-Z. (Partie 1, ~31:30)
    Pablo Servigne — Invité précédent de Gregory, cité pour sa thèse que la loi de la jungle est en réalité l'entraide. (Partie 1, ~19:30)
    David Ménascé — Auteur de La France du Boncoin, cité pour son travail sur le bricolage solidaire et le détournement d'outils numériques. (Partie 1, ~20:30)
    Béatrice Rousset — Citée en partie 2 pour ses travaux sur les modèles mentaux des individus et des organisations. (Partie 2, ~11:30)
    Éloi Saint Bris — Réalisateur du documentaire Un outsider (Canal+) sur le Vendée Globe, et créateur du spectacle Beyond sur l'audace. (Partie 2, ~09:00)
    Christian Monjou — Personne ayant fait découvrir à Cécile l'exemple de Roger de Sicile au XIe siècle. (Partie 1, ~08:30)
    Roger de Sicile (XIe siècle) — Cité comme exemple de leader ayant inventé une société multiculturelle et multiconfessionnelle à Palerme. (Partie 1, ~08:30)
    Ferriss — Jeune intervenant sur le podcast Seesmic, cité pour sa critique de la capture bourgeoise du discours écologique. (Partie 1, ~23:30)
    Jean-Noël — Ami de Cécile cité anonymement pour illustrer la surcharge temporelle. (Partie 2, ~17:40)
    Spinoza — Cité deux fois : pour les passions tristes (partie 1) et pour le concept de conatus (partie 2). Philosophe structurant de toute la pensée de Cécile.
    Deleuze — Cité pour son commentaire de Spinoza : "le pouvoir a besoin de tristesse." (Partie 1, ~15:00)
    Livres
    L'Anti-Chaos — Mathieu Daragon. Méthode A-B-Z et back casting. (Partie 1, ~31:30)
    La France du Boncoin — David Ménager. Entraide et bricolage solidaire. (Partie 1, ~20:30)
    Seul le Grenadier — Roman d'un jeune auteur irakien, recommandé par Cécile pour se projeter dans un univers étranger. (Partie 1, ~09:00)
    Concepts
    Passions tristes / Passions joyeuses (Spinoza) — (Partie 1, ~14:30)
    Conatus (Spinoza) — Élan vital, feu intérieur. (Partie 2, ~02:00)
    Dépendance au sentier / Effet cliquet — Concepts d'économie institutionnelle. (Partie 2, ~12:30)
    Afrofuturisme — Mouvement culturel africain de reprise de la narration du futur. (Partie 1, ~25:00)
    Back casting — Technique prospective : se projeter loin et revenir vers le présent. (Partie 1, ~32:00)
    Étude socioVision — Segmentation en trois Frances (France qui va bien / France du repli / France qui va mal). (Partie 1, ~17:20)
    Ikigaï — Cité par Cécile comme raison d'être, relié au conatus. (Partie 2, ~03:20)
    Matrices de matérialité (RSE) — Outil d'entreprise pour évaluer les effets à long terme. (Partie 2, ~15:00)

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #346 Retrouver du pouvoir dans le chaos avec Matthieu Dardaillon (https://audmns.com/yOgbycm)

    [SOLO ] Reprendre goût au futur dans un monde en crise (https://audmns.com/fKSFkcw)

    #158 Que souhaitons-nous léguer aux générations futures avec Yann Arthus Bertrand (https://audmns.com/HHplZPq)

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    📣 V­lan! présente Mlle Pitch ON AIR - S3 - #4 Pimpant : De la poudre pour dépolluer la planète

    10.03.2026 | 33 Min.
    Retrouvez l’ensemble des épisodes du podcast Mlle Pitch ON AIR de Agence Mlle Pitch ici
    S3 - #4 Pimpant : De la poudre pour dépolluer la planète

    Dans cet épisode de Mlle Pitch On Air, Magali Faget reçoit Baptiste Hamain, cofondateur et CEO de Pimpant, l'entreprise normande qui réinvente les produits du quotidien.
    Ensemble, ils explorent le chemin d'un serial entrepreneur qui a fait du nettoyage une affaire de cœur.
    Baptiste Hamain, revient sur le déclic qui a fait naître Pimpant : voir sa fille jouer avec une bouteille en plastique sur la plage. Avec sa femme Karline, il fonde une marque de produits du quotidien en poudre, diluable et rechargeable pour dépolluer la planète.
    Au micro de Magali Faget, Baptiste partage les coulisses et les valeurs qui animent cette Société à Mission13, notamment :
    L'importance de l'efficacité et du prix pour démocratiser l'écologie face à l'idée que consommer responsable coûte plus cher.
    La lutte contre le plastique et l'eau inutilement transportée grâce au concept de la poudre à reconstituer.
    Le choix d'internaliser toute la production en France pour maîtriser l'impact.
    Une vision moderne du management basée sur la liberté et la confiance pour atteindre la performance.
    Un épisode essentiel pour tous ceux qui cherchent l'inspiration et les clés pour concilier un business brillant, familial et éthique. Découvrez l'histoire d'un entrepreneur qui prouve qu'il est possible d'agir au quotidien pour un futur plus vertueux.

    Mlle Pitch On Air, le podcast où Magali Faget donne la parole à ceux qui font bouger les lignes.


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    #384 Qui façonne notre vision de demain avec Samah Karaki (partie 2)

    03.03.2026 | 31 Min.
    Samah Karaki est neuroscientifique et essayiste et son dernier essai "contre les figures d'autorité" est la raison pour laquelle je la reçois de nouveau!
    C’est la quatrième fois que je reçois Samah. Et à chaque fois, je sens que quelque chose me bouscule profondément.
    Dans cet épisode, nous parlons de notre besoin presque viscéral de figures d’autorité.
    Pourquoi nous aimons tant certains visages. Pourquoi nous leur déléguons notre jugement. Pourquoi nous sommes parfois déçus comme si nous avions été trahis personnellement.
    J’ai questionné Samah sur la naissance historique de la figure du “génie”, sur la Renaissance, sur le mythe du héros, sur le mérite, sur la visibilité, sur les médias, sur les algorithmes. Mais aussi sur quelque chose de plus intime : qu’est-ce que ça fait de devenir soi-même une figure d’autorité ?
    Ce que j’aime dans cette conversation, c’est qu’elle ne cherche pas à “cancel”. Elle cherche à déplacer le regard.
    On parle de plagiat, de création collective, d’impunité, de Heidegger, de Bertolucci, d’écologie, de réseaux sociaux, de gourous, de soft skills… et surtout d’utopie.
    Et si la pensée n’appartenait jamais à une seule personne ?
    Et si le vrai pouvoir, c’était de négocier le sens ensemble ?

    Citations marquantes
    “Nous avons besoin de boussoles, mais pas de sommets.”
    “Le problème n’est pas la signature. C’est pourquoi on voit toujours les mêmes noms.”
    “Quand on sacralise quelqu’un, on suspend notre jugement.”
    “La pensée n’appartient pas à une figure. Elle appartient à ceux qui la manipulent.”
    “L’utopie, c’est un endroit où le sens se négocie en permanence.”
    Big Ideas (Idées centrales)
    1. Le besoin d’autorité est humain
    Nous manquons d’attention. Nous avons besoin de repères.
    👉 Important car ça évite la culpabilisation individuelle.
    ⏱ ~00:07
    2. La visibilité n’est pas le mérite
    La reconnaissance circule par halo. Les visibles rendent visibles.
    👉 Important pour comprendre l’entre-soi médiatique.
    ⏱ ~00:29
    3. Le génie est une construction historique
    Renaissance, humanisme, mécénat : naissance de la singularité exceptionnelle.
    👉 Important pour désacraliser le mythe du créateur solitaire.
    ⏱ ~00:26
    4. La sacralisation crée de l’impunité
    Plus on idolâtre, plus on pardonne.
    👉 Important dans le débat sur cancel culture.
    ⏱ ~00:22
    5. Nous sommes câblés pour créer des récits
    Biais d’intentionnalité : on invente des intentions.
    👉 Important pour comprendre la narration politique moderne.
    ⏱ ~00:39
    6. L’utopie est déjà là
    Dans les classes, les cafés, les discussions réelles.
    👉 Important pour redonner de l’espoir concret.
    ⏱ ~00:58
    10 Questions structurantes
    Pourquoi avons-nous besoin de figures d’autorité ?
    À partir de quand admiration devient-elle abdication critique ?
    La visibilité est-elle une preuve de compétence ?
    Le génie est-il une construction politique ?
    Peut-on séparer l’œuvre de l’auteur ?
    Faut-il contextualiser ou réécrire les œuvres problématiques ?
    Les algorithmes fabriquent-ils nos autorités modernes ?
    Est-ce dangereux de devenir soi-même une figure d’autorité ?
    Comment ne pas remplacer une idole par une autre ?
    À quoi ressemblerait un monde sans sommets mais avec des conversations ?
    Références citées
    Personnes
    Heidegger
    Bertolucci
    Jordan Bardella
    Donald Trump
    Alice Carabédian
    Blanche Sabat
    Pénélope Bagieu
    Concepts
    Effet de halo
    Biais d’intentionnalité
    Humanisme
    Mécénat
    Génie romantique
    Timestamps clés
    00:00 – Pourquoi on adore les figures d’autorité
    00:02 – Ce qui a poussé Samah à écrire ce livre
    00:07 – On choisit selon le nom (et ce n’est pas neutre)
    00:17 – Le vrai danger de la sacralisation
    00:22 – Cancel culture : que faire des œuvres problématiques ?
    00:26 – La naissance du “génie” à la Renaissance
    00:29 – Mérite ou système de halo ?
    00:39 – Ce que notre cerveau invente sur les leaders
    00:48 – Les gourous modernes et les algorithmes
    00:58 – L’utopie concrète : négocier le sens ensemble

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  • Vlan!

    #384 Qui façonne notre vision pour demain? Avec Samah Karaki (partie 1)

    03.03.2026 | 39 Min.
    Samah Karaki est neuroscientifique et essayiste et son dernier essai "contre les figures d'autorité" est la raison pour laquelle je la reçois de nouveau!
    C’est la quatrième fois que je reçois Samah. Et à chaque fois, je sens que quelque chose me bouscule profondément.
    Dans cet épisode, nous parlons de notre besoin presque viscéral de figures d’autorité.
    Pourquoi nous aimons tant certains visages. Pourquoi nous leur déléguons notre jugement. Pourquoi nous sommes parfois déçus comme si nous avions été trahis personnellement.
    J’ai questionné Samah sur la naissance historique de la figure du “génie”, sur la Renaissance, sur le mythe du héros, sur le mérite, sur la visibilité, sur les médias, sur les algorithmes. Mais aussi sur quelque chose de plus intime : qu’est-ce que ça fait de devenir soi-même une figure d’autorité ?
    Ce que j’aime dans cette conversation, c’est qu’elle ne cherche pas à “cancel”. Elle cherche à déplacer le regard.
    On parle de plagiat, de création collective, d’impunité, de Heidegger, de Bertolucci, d’écologie, de réseaux sociaux, de gourous, de soft skills… et surtout d’utopie.
    Et si la pensée n’appartenait jamais à une seule personne ?
    Et si le vrai pouvoir, c’était de négocier le sens ensemble ?

    Citations marquantes
    “Nous avons besoin de boussoles, mais pas de sommets.”
    “Le problème n’est pas la signature. C’est pourquoi on voit toujours les mêmes noms.”
    “Quand on sacralise quelqu’un, on suspend notre jugement.”
    “La pensée n’appartient pas à une figure. Elle appartient à ceux qui la manipulent.”
    “L’utopie, c’est un endroit où le sens se négocie en permanence.”
    Big Ideas (Idées centrales)
    1. Le besoin d’autorité est humain
    Nous manquons d’attention. Nous avons besoin de repères.
    👉 Important car ça évite la culpabilisation individuelle.
    ⏱ ~00:07
    2. La visibilité n’est pas le mérite
    La reconnaissance circule par halo. Les visibles rendent visibles.
    👉 Important pour comprendre l’entre-soi médiatique.
    ⏱ ~00:29
    3. Le génie est une construction historique
    Renaissance, humanisme, mécénat : naissance de la singularité exceptionnelle.
    👉 Important pour désacraliser le mythe du créateur solitaire.
    ⏱ ~00:26
    4. La sacralisation crée de l’impunité
    Plus on idolâtre, plus on pardonne.
    👉 Important dans le débat sur cancel culture.
    ⏱ ~00:22
    5. Nous sommes câblés pour créer des récits
    Biais d’intentionnalité : on invente des intentions.
    👉 Important pour comprendre la narration politique moderne.
    ⏱ ~00:39
    6. L’utopie est déjà là
    Dans les classes, les cafés, les discussions réelles.
    👉 Important pour redonner de l’espoir concret.
    ⏱ ~00:58
    10 Questions structurantes
    Pourquoi avons-nous besoin de figures d’autorité ?
    À partir de quand admiration devient-elle abdication critique ?
    La visibilité est-elle une preuve de compétence ?
    Le génie est-il une construction politique ?
    Peut-on séparer l’œuvre de l’auteur ?
    Faut-il contextualiser ou réécrire les œuvres problématiques ?
    Les algorithmes fabriquent-ils nos autorités modernes ?
    Est-ce dangereux de devenir soi-même une figure d’autorité ?
    Comment ne pas remplacer une idole par une autre ?
    À quoi ressemblerait un monde sans sommets mais avec des conversations ?
    Références citées
    Personnes
    Heidegger
    Bertolucci
    Jordan Bardella
    Donald Trump
    Alice Carabédian
    Blanche Sabat
    Pénélope Bagieu
    Concepts
    Effet de halo
    Biais d’intentionnalité
    Humanisme
    Mécénat
    Génie romantique
    Timestamps clés
    00:00 – Pourquoi on adore les figures d’autorité
    00:02 – Ce qui a poussé Samah à écrire ce livre
    00:07 – On choisit selon le nom (et ce n’est pas neutre)
    00:17 – Le vrai danger de la sacralisation
    00:22 – Cancel culture : que faire des œuvres problématiques ?
    00:26 – La naissance du “génie” à la Renaissance
    00:29 – Mérite ou système de halo ?
    00:39 – Ce que notre cerveau invente sur les leaders
    00:48 – Les gourous modernes et les algorithmes
    00:58 – L’utopie concrète : négocier le sens ensemble

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #337 Le piège de l'empathie avec Samah Karaki (https://audmns.com/CVkTKJQ)

    [CONFIDENCES CROISÉES] La face cachée du talent avec Oxmo Puccino et Samah Karaki (https://audmns.com/PsTiLuf)

    #206 Comment développer l'esprit critique chez les enfants? Avec Samah Karaki (https://audmns.com/dFSogCP)

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Generated: 3/12/2026 - 7:09:23 AM