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    Égypte: sur le Nil, les pêcheurs en première ligne contre la pollution plastique

    26.04.2026
    En plein centre du Caire, sur le Nil, la petite île rurale de Qorsaya abrite des pêcheurs d'un genre nouveau. Depuis plusieurs années, une entreprise rachète les déchets plastiques qu'ils récupèrent dans leur filet. En plus de compenser la baisse de revenu liée à la diminution des ressources en poissons, l'initiative participe de la dépollution du plus long fleuve du monde.
    De notre correspondant au Caire,
    Saïd lâche les rames de sa frêle embarcation, plonge la main dans l'eau et en ressort une bouteille de soda. « Ça, c'est du plastique qui traîne sur le Nil. Nous, on le ramasse, on le collecte et on le rapporte. »
    Comme de nombreux pêcheurs de Qorsaya, en Égypte, le quarantenaire à l'épaisse moustache récolte aujourd'hui deux types de produits : « En pêchant, on trouve ces bouteilles en plastique flottant dans l'eau ou près des barques, sur les rives. Alors, nous pêchons du poisson d'un côté et nous récupérons aussi ces bouteilles en plastique de l'autre. Nous vendons le tout et nous contribuons aussi à nettoyer le Nil. »
    Depuis maintenant cinq ans, une initiative baptisée VeryNile rachète à ces pêcheurs le plastique au kilo. Une fois débarqués, les bouteilles, sacs plastiques et autres emballages qui ne sont pas envoyés au compacteur terminent à l'atelier. Amna, responsable marketing de VeryNile, nous fait la visite. « Notre idée, c'est de faire de l'''upcycling'' (surcyclage, ou refaire du neuf avec du vieux, NDLR) des sacs en plastique. Alors, après le tri, les femmes commencent à travailler dessus, comme ça. » 
    Dans une pièce remplie de sacs plastiques, quatre femmes sont occupées à les découper, à les travailler. « Moi, je suis née ici, sur cette île. Un jour, il y a une ingénieure qui s'appelle Salma qui est venue parler avec les gens pour savoir s'ils voulaient travailler avec elle. C'est comme cela que ça a commencé, avec quatre personnes », raconte une employée.
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    90% ou 95% des employés sont des habitants de l'île de Qorsaya
    De l'autre côté de la porte, se trouve un atelier de couture. Devant des machines à coudre, plusieurs femmes s'affairent. Toutefois, elles n'utilisent pas de tissus, mais travaillent avec des morceaux de plastique. « Ici, nous faisons le design, nous brodons et nous trions. Ensuite, on amène le tout au fer à repasser, pour que ça devienne un sac », explique une couturière de l'atelier.
    Fait à moitié de tissu et de plastique recyclé, la besace va rejoindre l'un des nombreux magasins du Caire qui revendent les accessoires fabriqués ici. « Près de 90% ou 95% des employés du centre sont des habitants de l'île de Qorsaya, détaille Hany Fawzy, directeur de projet pour VeryNile. Quand nous avons commencé sur l'île, nous avons commencé avec l'idée du compacteur, pour compacter les déchets. Ensuite, les épouses des pêcheurs nous ont dit qu'elles aimeraient travailler avec nous. C'est de là qu'est venue l'idée d'un atelier d'''upcycling'' pour les femmes : recycler les sacs en plastique et en faire des produits. »
    Près de 500 tonnes de plastiques ont été collectées depuis le lancement de l'initiative.
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    Pressée par le blocage du détroit d'Ormuz, l'île de Taïwan veut relancer son programme nucléaire

    25.04.2026
    Mise sous pression par le blocage du détroit d'Ormuz, Taïwan tente de relancer son programme nucléaire. La petite île au large de la Chine importe plus de 95% de son énergie et est en temps normal sous pression, notamment vis-à-vis de son industrie de semi-conducteurs très gourmande en énergie. Pour assurer à Taïwan une meilleure autonomie, le président taïwanais, dont le parti était le fer de lance antinucléaire du pays, annonce vouloir relancer les centrales nucléaires taïwanaises, à peine un an après leur fermeture.
    De notre correspondant à Taipei,
    Le petit port de pêche touristique de YeLiu, au nord de Taïwan, est situé à quelques kilomètres seulement de l'une des deux centrales nucléaires concernées par le projet de réouverture. Son dernier réacteur a été mis hors service il y a seulement trois ans, mais ces habitants attablés pour le déjeuner pensent que le remettre en route est la seule solution viable. « Pourquoi est-ce qu'ils veulent relancer le nucléaire ? Parce qu'à Taïwan, on manque d'électricité ! Le charbon, ça pollue. L'éolien n'est pas assez efficace. Le nucléaire, par contre, si c'est bien géré, aucun problème », assure un homme.
    Pragmatiques, ces Taïwanais pensent moins aux risques d'accidents nucléaires qu'aux opportunités d'emploi dans la région. « Ça fait aussi plus de travail pour notre communauté, il y a plus d'avantages que d'inconvénients », complète-t-il.
    L'annonce de relance de centrale n'enchante guère les associations opposées au nucléaire
    Mais à Taïwan, le nucléaire est loin de faire l'unanimité. Pour la secrétaire générale de la plus importante association citoyenne opposé au nucléaire, le traumatisme de l'accident de Fukushima ne doit pas être oublié : « Le séisme de 2011 qui a provoqué l'accident nucléaire de Fukushima a eu beaucoup d'impact sur Taïwan. Taïwan et le Japon sont des régions similaires, avec de nombreux séismes. Il faut continuer à tirer les leçons de cet événement. Quand on a la preuve de nouvelles failles géologiques, on ne devrait pas relancer le nucléaire. »
    Après l'accident de Fukushima, des centaines de milliers de personnes ont manifesté plusieurs années dans les rues, au prix d'une victoire : celle de l'arrêt total de tous les réacteurs du pays. La dernière centrale a fermé ses portes en mai 2025. Avec cette annonce de relance, le mouvement antinucléaire est prêt à s'opposer une nouvelle fois au gouvernement. « Nous espérons pouvoir cette fois encore gagner, car en réalité, les problèmes d'hier et ceux d'aujourd'hui n'ont pas changé. Taïwan est toujours une région à forte activité sismique. Et les centrales nucléaires de Taïwan sont toujours situées dans des zones urbaines densément peuplées. Nous estimons que les conditions n'ont pas changé. Nos inquiétudes restent les mêmes », poursuit-elle.
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    La Chine veut « offrir à Taïwan une garantie fiable pour sa sécurité énergétique »
    Bien consciente des difficultés de Taïwan pour assurer son autonomie énergétique, la Chine tente elle aussi de s'immiscer dans le débat, via son porte-parole des affaires taiwanaises, quelques semaines après le début de la guerre en Iran. « Après une réunification pacifique, nous pourrions tout à fait compenser les pénuries de Taïwan en électricité, en gaz naturel, en pétrole brut... et offrir à Taïwan une garantie fiable pour sa sécurité énergétique », alimente le porte-parole.
    Pour ne dépendre ni du détroit d'Ormuz, ni de la Chine, le gouvernement taïwanais espère pouvoir relancer deux de ses centrales nucléaires d'ici 2029.
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    Turquie: «Yellow Letters», un film choc sur la répression après la tentative de coup d'État de 2016

    24.04.2026
    Entre 2016 et 2018, la Turquie a vécu sous état d'urgence dans la foulée de la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016. Pendant cette période, des milliers de professeurs, enseignants et syndicalistes turcs opposés au régime du président Recep Tayyip Erdogan ont été limogés. Accusés d'avoir des liens avec des organisations terroristes, ils avaient été mis au ban de la société. Récompensé de l'Ours d’or du Meilleur film de la Berlinale 2026, Yellow Letters, le long-métrage d'İlker Çatak, se penche sur leur sort et réveille de douloureux souvenirs chez ces anciens membres du corps enseignant.
    De notre correspondante à Ankara,
    Can Irmak Özinanir, 44 ans, cligne des yeux à la sortie du cinéma. Il vient de voir le film Yellow Letters dont il entend parler depuis plusieurs jours. Cet ancien universitaire a été limogé par décret-loi en 2017 en Turquie. Ce film raconte en partie son histoire, ces années de flou, dans l'attente d'une décision de justice favorable. « L'incertitude, c'est le sentiment dominant ces dernières années. Ne jamais savoir ce qu'il va se passer. Et c'est une période d'incertitude qui s'installe dans le temps long. Il y a des périodes où j'avais une grande confiance en moi car nous avons bénéficié d'une grande solidarité. Mais il y a aussi des périodes où je me suis senti très seul et où cela s'est traduit par de la colère envers mon entourage », raconte Can Irmak Özinanir.
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    « Pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre »
    Nous sommes ici dans les couloirs de la célèbre université d'Ankara, celle qu'a choisie le réalisateur Ilker Catak pour démarrer son film. Mustafa Kemal Çoşkun, 56 ans, fait partie des universitaires limogés par décret-loi. Il a fini par être réintégré il y a trois ans, après plusieurs années de petits boulots.
    « Quand on est communiste, on apprend vite. J'ai appris beaucoup de choses. Par exemple, après avoir été limogé, j'ai monté un cabinet d'études. Après, j'ai repassé les concours d'entrée à l'université d'Ankara et j'ai intégré la faculté d'informatique. J'ai appris la programmation. J'ai aussi appris un programme Da Vinci Resolve. Je me suis mis à mon bureau et j'ai appris. On a pas besoin de l'État pour vivre, pour survivre », confie-t-il.
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    Aucune décision de justice ne fera justice
    Au centre d'Ankara, dans le quartier de Kizilay, le bar Zurafa a ouvert ses portes il y a un peu plus d'un an. C'est Veli Sacilik, 49 ans, qui le gère avec sa compagne. Amputé de son bras droit lors d'un séjour en prison, c'est le seul métier qu'il peut faire aujourd'hui, assure-t-il. Comme de nombreux fonctionnaires, il a perdu son travail pendant l'état d'urgence. Alors, quand Yellow Letters est sorti, il a tenu à emmener sa fille de 15 ans voir le film : « J'ai emmené ma fille voir le film car elle a aujourd'hui le même âge que le personnage d'Ezgi dans le film, et qu'elle a vécu des périodes très similaires. Je voulais qu'elle comprenne ce que son père et sa mère avaient traversé. »
    Comme d'autres limogés, Veli Sacilik accuse la Cour européenne des droits de l'homme de les avoir abandonnés à leur sort. La Cour avait en effet stipulé que toutes les voies internes de justice devaient être épuisées avant d'examiner leurs dossiers.
    Pour l'heure, les réintégrations se font au compte-gouttes. Certains ont repris les chemins de l'université, d'autres attendent encore une décision du Conseil d'État. Mais ils l'assurent : aucune décision de justice ne leur rendra ces dix années d'errance.
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    «Siga siga», un art de vivre récupéré par l'industrie touristique

    24.04.2026
    Si vous venez en Grèce, on vous servira du « siga siga » à toutes les sauces. C'est une expression dont les Grecs sont particulièrement friands. Et celle-ci est devenue une tendance dans le tourisme. 
    « Pour prendre un café, on s'assied pendant deux heures », explique Alex, un comédien de profession qui sirote son café depuis un bon moment à la buvette du parc Areos, dans le centre d'Athènes, la capitale de la Grèce. Littéralement, « siga siga » veut dire « lentement, doucement ». Et il n'est pas rare de voir des Grecs reprocher en ces termes à des étrangers de boire leur café beaucoup trop vite.
    « La culture grecque de l'Antiquité a beaucoup à voir avec la conception du temps. Et ça, c'est une part véritablement importante de la culture qui s'est transmise à travers les siècles. La vie n'a aucun sens si on court tout le temps. Il faut la vivre "siga siga" », développe Alex.
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    Le « siga siga », une nouvelle tendance du tourisme
    À quelques pas de la buvette, une dizaine d'hommes sont regroupés autour d'une minuscule table où deux joueurs s'affrontent au backgammon. C'est un groupe d'amis, tous retraités, qui vivent leur propre version du « siga siga ». Mais quand le mot est lancé, ils se hérissent.
    « ​​​​​​​En Europe, ils vont encore dire que nous ne travaillons pas », s'inquiète l'un d'entre eux. « ​​​​​​​Nous avons ici des rythmes différents de l'Europe ou de l'Amérique, par exemple », explique un autre.
    Les étrangers, ils adorent ça, le « ​​​​​​​siga siga ». D'ailleurs, c'est une nouvelle tendance dans le secteur du tourisme. « Siga siga » devient une vision de la vie aux antipodes de la culture de la productivité, une façon de se recentrer sur l'essentiel.
    C'est un état d'esprit. Effie Papadopoulou a fondé Slow Travel Greece en 2010, la première agence de ce type en Grèce. Maintenant, la mode s'est étendue, de même que la tendance « ​​​​​​​wellness », le tourisme « bien-être ». La retraite de yoga dans les Cyclades, pour Effie, c'est vraiment bateau : « Au lieu de cela, j'organise des ateliers de peinture d'icônes dans un milieu rural avec des artistes locaux. Pour moi, le "slow travel", c'est nourrir son âme, pas suivre des tendances. Et les retraites yoga, c'est vraiment tendance. »
    L'esprit « ​​​​​​​siga siga », c'est peut-être dans le fameux poème du Grec Constantin Cavafy qu'on le retrouve le mieux : « Quand tu partiras pour Ithaque. Souhaite que le chemin soit long. Riche en péripéties et en expériences. N'écourte pas ton voyage. »
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    «Nous payons un lourd tribut»: au Liban, hôpitaux et secouristes sont aussi dans le viseur d'Israël

    23.04.2026
    À Nabatiyeh, grande ville commerçante du sud du Liban devenue ville fantôme, les services de secours ont été durement frappés par les bombardements israéliens. Au total, au Liban, plus de 100 secouristes ont perdu la vie depuis la reprise de la guerre, le 2 mars 2026. Les hôpitaux sont aussi menacés et des centres de santé ont été détruits ou ont dû fermer, notamment dans la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du Liban. Le ministère de la Santé libanais dénonce des attaques répétées contre le secteur de la santé.
    De notre correspondante de retour de Nabatiyeh,
    À Nabatiyeh, au Liban, les secouristes sont considérés comme des héros. Uniforme bleu et rouge, gilet pare-balles, Mohamad Khayyat ne profite pas vraiment de cette trêve de papier. « Il y a une trêve, mais même les drones sont toujours là : hier, il y avait beaucoup d'avions de guerre dans le ciel, et la veille aussi. C'est clair qu'ils violent déjà la trêve. Nous, en tant qu'équipe de secours, nous restons présents et prêts à servir les gens en cas d'incident », confie-t-il.
    Responsable des opérations des ambulanciers de Nabatiyeh, Mohamed a perdu plusieurs collègues. « Malheureusement, nous avons payé un lourd tribut – un tribut qui ne peut pas être compensé : la perte de nos jeunes, de nos vies. »
    Il dénonce le ciblage à répétition des secouristes par Israël. « La première fois, deux jeunes, Joud et Ali, étaient sur une moto quand ils ont été ciblés. Puis, deux jours avant la trêve, notre martyr Mahdi a été directement ciblé alors qu'il était dans une ambulance, en train d'accomplir son devoir pour aider nos collègues des autres associations de secours, qui avaient déjà été frappés par une première et une deuxième frappe. Nous sommes allés leur porter secours et soutien pour évacuer les blessés. Notre ambulance a elle aussi été ciblée par une troisième frappe. »
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    « C'est comme s'ils nous poussaient à partir »
    Ces trois frappes successives ont fait quatre morts qui viennent s'ajouter aux plus de 100 secouristes tués par Israël depuis le début de la guerre. À l'hôpital du Secours populaire de Nabatiyeh, les chambres des patients hébergent désormais les soignants et les pompiers. « ​​​​​​​On héberge les gens des organisations qui aident comme la nôtre. Sinon, on ne pourrait pas travailler, explique Mona Abou Zeid, qui dirige l'hôpital. Regardez, vous voyez cet immeuble ? Maintenant, il est complètement à terre. Il était à 200 mètres, mais le souffle était très fort, c'était un grand immeuble. La fumée est arrivée jusqu'ici, le verre était cassé partout. Des gens dormaient ici. »
    Au moins 59 centres de soins et six hôpitaux ont été détruits ou ont dû fermer. « ​​​​​​​On ne se sent pas très en sécurité. Il n'y a aucun respect du droit international, qui protège les secouristes, les hôpitaux. À la fin, si personne ne nous protège, aucune loi, qui va protéger la population ? Le jour où ils vont bombarder l'hôpital, qui va rester ​​​​​​​? C'est comme s'ils nous poussaient à partir. »
    Viser intentionnellement des secouristes ou des hôpitaux est un crime de guerre.
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