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Reportage international

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    «Il m'a dit que c'était sa copine… il s'agissait d'une IA»: en Corée du Sud, la romance virtuelle séduit les jeunes

    15.04.2026
    En Corée du Sud, certains jeunes tombent amoureux d'intelligences artificielles (IA). Conçus pour discuter, réconforter ou simuler des relations amoureuses, les robots conversationnels connaissent un succès croissant auprès des jeunes Sud-Coréens qui développent parfois des relations amoureuses. Un phénomène en pleine expansion qui intrigue les sociologues et inquiète certains parents.
    Lorsque Joo Hanna a contrôlé le téléphone de son fils de 15 ans, elle ne s'attendait pas à ce que ce dernier passe ses nuits à discuter avec une intelligence artificielle qu'il considère comme sa petite amie : « Nous contrôlons assez strictement son utilisation du téléphone. Mais nous avons découvert qu'il l'utilisait jusqu'à 5 heures du matin pour discuter avec quelqu'un. J'ai donc parlé avec lui, je voulais comprendre ce qui se passait, car cela commençait à affecter sa vie scolaire. Il m'a dit que c'était sa copine d'école. J'ai insisté : ''Est-ce vraiment quelqu'un que tu connais ?'' En réalité, non, il s'agissait d'une IA. »
    En Corée du Sud, cette histoire n'a rien d'anodin. Comptant plus d'un million d'utilisateurs actifs chaque mois, selon l'entreprise ScatterLab qui l'a conçue en 2024, l'application Zeta permet de discuter avec des personnages générés par IA. L'application figure parmi les dix les plus téléchargées sur mobile par les moins de 20 ans en Corée du Sud. De jeunes utilisateurs qui passent en moyenne deux heures et quarante minutes par jour sur l'application.
    Park Han-woo, directeur de l'Institut de recherche sur les cyber-émotions à l'université Yeungnam, a étudié cette application et brosse un portrait de ses utilisateurs pour comprendre ce qui les pousse à nouer des relations avec des IA : « Dans de nombreux cas, les utilisateurs qui interagissent avec des IA ont en réalité des amis et un réseau social dans la vie réelle. La majorité des utilisateurs que j'ai rencontrés ont créé des amis virtuels, des partenaires amoureux ou des conseillers émotionnels. Pour eux, interagir avec ces personnages est parfois plus facile que parler avec de vrais humains. »
    Si l'IA peut simuler l'empathie et l'intimité, réduire la solitude ou faciliter l'expression des sentiments, la relation reste programmée et à sens unique, rappelle le chercheur : « Pour les utilisateurs, l'expérience émotionnelle peut néanmoins sembler très réelle et cela comporte des risques. Si une personne devient trop dépendante des relations avec l'IA, cela peut réduire sa motivation à entretenir ou à nouer des relations dans le monde réel. »
    Le phénomène reste récent en Corée du Sud. S'il inquiète certains parents, l'utilisation de l'IA conversationnelle reste quand même valorisée et aucune régulation sur ce sujet n'est à ce jour envisagée.
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    Expulsés des États-Unis, des milliers de Honduriens démunis après la fin d'un programme d'aide au retour

    15.04.2026
    Au Honduras, alors que le pays fait face depuis plusieurs mois à une augmentation continue des expulsions de ses ressortissants depuis les États-Unis, le nouveau gouvernement hondurien, élu en janvier, met fin à un programme public de réintégration : « Hermano vuelve a Casa » (« Frère rentre à la maison »), mis en place sous le gouvernement de gauche de Xiomara Castro. Il prévoyait une aide d'environ 100 euros pour chaque migrant ainsi qu'un accompagnement administratif. Le nouveau gouvernement, de droite, dirigé par Nasry Asfura, promet plutôt de recentrer son action sur la réintégration par le travail. Mais pour l'instant, les migrants de retour au pays se retrouvent sans travail et sans aide. Reportage de notre correspondante.
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    Au Liban, des habitants de Beyrouth encore sous le choc: «Deux missiles sont entrés par le mur de ma chambre»

    13.04.2026
    Le Liban doit engager des pourparlers avec Israël à Washington, ce mardi 14 avril. La population civile, principale victime des bombardements, n’espère qu’un cessez-le-feu. Elle est encore sous le choc d’un des pires épisodes de cette guerre, le bombardement massif d’immeubles d’habitation à Beyrouth, le 8 avril dernier. Le dernier bilan de ce « mercredi noir » fait état d’au moins 357 morts et près de 2 000 blessés. Reportage dans le quartier de Tallet el Khayat, à Beyrouth, où le bombardement d’un immeuble a fait 12 morts.
    De nos correspondants à Beyrouth,
    Plus de peur que de mal pour Hassan Zaatari, employé d’un bureau d’études dans la capitale du Liban, et son équipe, qui se dépêchent de vider les lieux pour s’installer ailleurs. « Nous avions fini le travail. Nous étions rentrés chez nous quand nous avons appris que l’immeuble avait été frappé. Dieu merci, les bureaux étaient vides et aucun de nos employés n’a été tué. Nous essayons de sauver ce que nous pouvons de nos données. Ce côté du bâtiment n’a pas été dévasté, l’autre moitié en revanche a disparu », témoigne-t-il.
    Au soir de ce « mercredi noir », une ultime salve de missiles s’abat sur l’immeuble résidentiel de huit étages. Parmi les victimes, la poétesse Salma Khatoum.
    Chadi et ses parents, eux, ont survécu. Le jeune homme, couvert de traces d’éclats sur tout le corps, a vu son monde s’effondrer. « J’étais au lit quand j’ai vu deux missiles traverser le mur juste au-dessus de moi et rentrer dans le sol, se souvient-il. Les chambres ont été détruites, comme le salon, la salle à manger et la cuisine. Ma mère a les mains cassées. Mon père, c’est le cas le plus grave parce qu’il était dans le couloir et il est tombé dans le vide. On est blessés mais saufs, par miracle. »
    Peu d'espoirs dans les négociations
    Pour les habitants, rien ne prouve que l’immeuble de ce quartier huppé abritait un membre du Hezbollah. Dans les ruines immenses du bâtiment effondré, les vestiges d’une vie passée : des tapis, des jouets d’enfants, des documents que certains cherchent à retrouver, comme cet homme hissé au cinquième étage grâce à une nacelle de fortune. « Dans ce placard, on avait des vêtements et nos papiers surtout. On ne les a pas trouvés. Pour refaire un passeport au Liban, c’est l’enfer », explique-t-il.
    L’enfer, c’est de continuer à voir les siens mourir, depuis des décennies, s’émeut Marwan Ido, un voisin. Ce dernier ne croit pas aux négociations directes annoncées ce mardi entre Israël et le Liban. « Négocier pour quoi ? Ces gens sont morts pour quoi ? Pour quelle cause ? Que l'on arrête de mentir. Ce sont tous des menteurs. Ils ne voient que leur intérêt. C’est tout », fulmine-t-il.
    D’autres Libanais s’accrochent à l’espoir d’un cessez-le-feu, tandis que le bourdonnement menaçant des drones israéliens a repris dans le ciel de Beyrouth.
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    En Allemagne, le mouvement de jeunes du parti d'extrême droite AfD en quête de respectabilité

    12.04.2026
    Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a tenu son congrès national à Magdebourg, dans la région de la Saxe-Anhalt, où il espère gagner d'importantes élections régionales en septembre. Pour élargir sa base, le parti cherche aussi à contrôler davantage son organisation de jeunes, critiquée pour sa radicalité. Une nouvelle structure a été créée en novembre, Generation Deutschland, et désormais, c'est au tour des régions de créer leurs organisations locales. Le but affiché : se montrer respectables. 
    Un reportage de notre envoyée spéciale dans la Hesse, près de Fulda, à retrouver dans la longueur dans le podcast Accents d'Europe.
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    Corée du Sud: les cerisiers «Yoshino», héritage controversé de la colonisation japonaise

    11.04.2026
    En Corée du Sud, le début du printemps est marqué par la floraison des cerisiers. Un spectacle magnifique où de nombreux touristes et locaux viennent contempler ces fleurs rose pâle. Un décor qui n'est pas au goût de tous : des militants espèrent déraciner les cerisiers de Corée du Sud d'ici 2050. La raison ? Ces arbres sont d'origine japonaise.
    De notre correspondant à Séoul,
    « Yoshino », voilà le nom de la discorde. Ces cerisiers originaires du Japon représentent la très grande majorité des cerisiers présents en Corée du Sud. Des arbres que Hyun Jin-oh et son association « Cherry 2050 » cherchent à remplacer par un équivalent coréen, le cerisier royal, qu’ils cultivent dans leur pépinière.
    « Le Yoshino est une espèce japonaise, tandis que le cerisier royal est une espèce endémique de Corée. Ce n’est pas que les arbres japonais soient “mauvais” en soi, mais le cerisier est un symbole culturel fort du Japon. Il est lié à l’histoire et à l’idéologie japonaise. Pendant la colonisation japonaise de la Corée, ces arbres ont été plantés massivement sur notre territoire pour imposer une culture », explique Hyun Jin-oh.
    Interrogé sur la manière dont son association compte remplacer ces centaines de milliers d’arbres, il précise : « Les cerisiers japonais ont une durée de vie d’environ 60-80 ans. Lorsqu’ils arrivent en fin de vie, c’est-à-dire bientôt, nous pensons qu’il faudrait les remplacer par des cerisiers indigènes. En revanche, dans certains lieux symboliques comme les sites liés à la résistance anti-japonaise ou l’Assemblée nationale, nous pensons qu’un remplacement plus rapide est nécessaire. »
    De retour à Séoul, les rues et les berges du fleuve Han sont remplies de passants venus observer et immortaliser, appareil photo à la main, les cerisiers en fleurs. Lee Jung-gu, la cinquantaine, est l’un d’entre eux. S’il sait que les arbres qu’il contemple ont été plantés par l’occupant japonais, il ne souhaite pas trop y penser. « Le fait que les cerisiers se soient largement répandus en Corée à cause du Japon, c’est une histoire douloureuse, ça nous rappelle notre passé. Mais on ne peut pas rester bloqué sur le passé, sinon on n’avance jamais, la Corée n’avancera jamais. Bien sûr, il ne faut pas oublier les leçons de l’histoire. Mais en même temps, il n’y a pas besoin de rejeter ce qu’on a aujourd’hui. On peut simplement profiter du printemps tel qu’il est. »
    Pour profiter du printemps et de ses cerisiers, qu’ils soient coréens ou japonais, il faut vite s’y prendre. La floraison ne dure que quelques jours par an, un instant éphémère qui émerveille tout le monde, aussi bien à Séoul qu’à Tokyo.
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