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Reportage international

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  • Reportage international

    Le Vietnam cherche à s'adapter au changement climatique

    10.10.2026
    Le Vietnam fait partie des pays les plus vulnérables au changement climatique. Selon un rapport publié cette année par le Programme des Nations unies pour le développement, près d'un tiers de sa population vit dans une zone exposée aux risques d'inondations. Une proportion qui pourrait approcher la moitié d'ici la fin du siècle. Dans le nord, les crues de septembre ont une nouvelle fois mis les digues à rude épreuve, forçant les autorités à déplacer plus de 17 000 personnes. Face aux aléas climatiques extrêmes, intensifiés par le changement climatique, le pays cherche de nouvelles façons de s'adapter.
    Comme chaque année, la saison des crues a fait de lourds dégâts dans le nord Vietnam. À la mi-septembre, après plusieurs jours de fortes pluies, près de 20 000 habitations ont été inondées. À Hoa Lu, un habitant parcourt son village en barque, pointant du doigt un hameau sous les eaux : « Regardez ces maisons, par exemple. Quand vient la saison des crues, tout est inondé ici. Beaucoup de gens ici sont pauvres. Il y a encore beaucoup de familles qui vivent ici et qui n'ont pas les moyens de déménager. »
    Dans la province de Ninh Binh, les autorités estiment les pertes économiques à plus de trois millions d'euros. Les agriculteurs sont parmi les plus exposés. Plus au sud, à Thanh Hoa, Dinh, riziculteur, avance dans l'allée qui mène à sa maison, l'eau jusqu'aux genoux : « Regarde, ma rizière devant la maison est perdue. Elle a été complètement submergée. On n'aura plus de riz à manger. Heureusement qu'ici, les autorités se préoccupent des habitants lorsqu'il y a des inondations. »
    « Résoudre le problème des inondations »
    Alors que le changement climatique accentue les risques de pluies extrêmes, les autorités renforcent les digues et réaménagent les canaux des zones exposées. De nouvelles approches sont aussi à l'étude. À Hanoï, l'ingénieur Nguyen Van Khoe a imaginé un réseau de puits souterrains pour soulager des égouts parfois centenaires. Début octobre, au Salon national de l'innovation, il actionne les vannes de sa maquette, submergée par une pluie artificielle, devant une foule médusée. « L'objectif est de résoudre le problème des inondations urbaines avec une nouvelle approche. Je vais fermer la vanne pour que tu voies l'eau monter. Maintenant, il suffit d'ouvrir une ou deux vannes pour que l'eau descende dans le souterrain aménagé », explique-t-il.
    À l'échelle d'un quartier, le principe serait le même : récupérer l'excès d'eau de pluie dans ce réseau souterrain, puis l'évacuer par pompage, avant qu'elle ne s'accumule dans les rues : « Le changement climatique est quelque chose que nous devons prendre en compte. Jusqu'à présent, la logique consiste à élargir les canalisations. Mais avec mon système, il n'est plus nécessaire de les agrandir. On conserve les canalisations existantes et la solution consiste à les connecter à un niveau souterrain situé sous la ville. »
    Nguyen Van Khoe espère désormais tester son invention en conditions réelles à Hanoï. Son projet fait partie des 36 propositions soumises aux autorités de la capitale pour répondre à ses grands défis urbains. À plus long terme, Hanoï entend aussi repenser son urbanisme. Adopté en mai 2026, son plan d'aménagement à horizon de 100 ans prévoit davantage de parcs, de corridors verts et de bassins de rétention. L'objectif : laisser davantage de place à l'eau, plutôt que de chercher uniquement à l'évacuer.
    À lire aussiLe Vietnam face aux limites planétaires
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    Hongrie: face à la lenteur des enquêtes anti-corruption, les citoyens s'impatientent

    09.10.2026
    La Hongrie est, avec la Bulgarie, le pays le plus mal classé de l'Union européenne par l'ONG Transparency International. Après 16 ans de gouvernement de Viktor Orban, le pays est passé de la 50e à la 84e place. Le nouveau Premier ministre Peter Magyar a lancé une opération anti-corruption baptisée « feu purificateur ». Une nouvelle agence anti-corruption vient de voir le jour. Mais traduire les responsables devant la justice prendra du temps. 
    De notre correspondante à Budapest,
    C'était une promesse de Peter Magyar avant les élections : récupérer l'argent public « volé » et traduire en justice les politiciens corrompus. Depuis que le vainqueur d'Orban est chef du gouvernement, ses ministres épluchent les comptes : ils découvrent des contrats surfacturés, des emplois fictifs et les dépenses exorbitantes du gouvernement de Viktor Orban. Ainsi l'ancien ministre des Affaires étrangères voyageait systématiquement en jet privé – même pour aller à Vienne, à 2h30 de route.
    Quant à l'Office de protection de la souveraineté, créé par Viktor Orban pour harceler ses opposants, en deux ans, il a dépensé plus de 10 millions d'euros en contrats fictifs.
    À ce jour, il y a plus d'une trentaine de plaintes. Mais la justice est lente et Julianna, comptable à la retraite, s'impatiente : « C'est lent, tout ça ; qu'est-ce qu'on attend pour juger les responsables ? Il faut qu'ils répondent de leurs actes. Bien sûr, dans le respect de la démocratie. »
    L'affaire la plus spectaculaire, c'est celle de la Banque nationale hongroise. L'ancien gouverneur, un fidèle d'Orban, a détourné une partie des réserves de la Banque : au moins deux milliards d'euros ont disparu dans des paradis fiscaux. Or, l'enquête ouverte il y a deux ans n'avance pas, même depuis le changement de gouvernement, constate Adrienn Laczo, une ancienne juge aujourd'hui avocate spécialisée dans la criminalité en col blanc. « Tout le monde s'attendait à des arrestations… Mais rien ne se passe ! Retrouver l'argent volé, c'est très difficile. Mais il y a suffisamment de documents et de preuves pour que les responsables soient jugés », assure-t-elle.
    Selon cette avocate, si le bureau du procureur avance à pas d'escargot, c'est parce qu'il est encore truffé de fidèles de Viktor Orban.
    En attendant de le renouveler, le gouvernement a créé une nouvelle agence anti-corruption, qui aura autant de pouvoir que le procureur. Pour Ferenc, un ingénieur à la retraite croisé à la sortie du marché, la Hongrie va dans la bonne direction : « Ah, le peuple veut toujours remplir les prisons (rires) ! Les gens aimeraient que tout l'ancien gouvernement soit derrière les barreaux. Mais la démocratie, ça prend du temps. »
    Elemer, 36 ans, est serveur dans un restaurant. Il a confiance dans le gouvernement. « À mon avis, il y aura bientôt des arrestations. Il y a beaucoup d'infos là-dessus sur TikTok, Facebook… C'est tout ce qu'ils méritent, ils ont volé l'argent des contribuables », estime-t-il. Pour l'instant, Viktor Orban n'est pas mis en cause. Mais la majorité des Hongrois souhaiterait le voir comparaître devant la justice.
    À lire aussiHongrie: Andras Baka, le «juge qui a dit non» à Orban choisi par le camp Magyar pour devenir président
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    Belgique: fronde des brasseurs contre le nouveau message de prévention sur l'alcool

    09.10.2026
    En Belgique, le gouvernement s'apprête à mettre en place un arrêté pour remplacer sur les publicités la mention « l'abus d'alcool nuit à la santé » par « l'alcool nuit à la santé ». Cet avertissement sanitaire rejoint les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon laquelle il n'y a pas de consommation d'alcool présentant zéro risque. Les débats ont été houleux au parlement le 7 octobre, et le projet de loi a provoqué une levée de boucliers des brasseurs qui vont jusqu'à accuser le gouvernement de s'attaquer à un patrimoine culturel national. Ils contre-attaquent via une campagne dans la presse.
    De notre correspondant à Bruxelles,
    Sur les terrasses bruxelloises, un moment de convivialité autour d'une bière : exactement comme dans la photo de la campagne des brasseurs belges. La fédération accuse le gouvernement de vouloir tuer un secteur qui représente plus de 70 000 personnes. Krishan Maudgal, président de l'association des brasseurs, aurait plutôt voulu célébrer le 10e anniversaire de l'inscription de « la culture de la bière en Belgique » au patrimoine immatériel de l'Unesco. « Ça veut dire qu'il y a donc une stigmatisation totale de tout un secteur. Et il s'agit aussi de la culpabilisation totale de tous les citoyens et citoyennes qui sont capables de consommer avec modération, en toute sagesse. De notre point de vue, il faut surtout se focaliser sur tout ce qui concerne l'abus de l'alcool et protéger les mineurs », explique-t-il.
    Direction la ville universitaire de Louvain-la-Neuve. L'alcoologue Martin de Duve y dirige l'association Universanté qui fait de la prévention, de l'accompagnement et de la sensibilisation. Et pour lui, c'est « une tempête dans un verre de bière ». « La démarche des brasseurs est de jeter un écran de fumée sur une mesurette. Changer un petit mot sur des publicités, ça ne va pas changer fondamentalement les comportements. En revanche, ils créent beaucoup de ramdam dans l'idée, probablement, que ça empêche le gouvernement d'envisager des mesures beaucoup plus contraignantes, comme, à terme, l'interdiction totale de la publicité pour l'alcool. Nous ne sommes absolument pas prohibitionnistes. Par contre, on veut interdire tout ce qui pousse à la surconsommation de ce produit, qui est la deuxième cause de mortalité évitable, juste derrière le tabac », ajoute-t-il.
    Martin de Duve est l'un des initiateurs de la « tournée minérale » qui a lieu tous les ans. Et il se réjouit des changements de mentalité déjà en cours, puisque plus d'un cinquième des Belges s'abstiennent désormais de boire pendant le mois de février. Le chercheur au FNRS (Fonds national de la recherche scientifique) et en neurosciences Pierre Maurage est professeur à l'université catholique de Louvain. Lui se félicite de cette évolution qui rejoint la vérité scientifique des dangers de l'alcool, car toute consommation est nocive.
    « Il y a une survalorisation de l'alcool dans notre société et de tous les événements sociaux positifs. Les fêtes de famille, tous les événements positifs sont associés à une consommation d'alcool. Ce qui change quand même maintenant, c'est qu'on voit que de plus en plus, il y a des alternatives à la consommation de l'alcool. Et on voit que la consommation d'alcool baisse, ce qui explique la panique des brasseurs à la moindre décision politique, même minime, pour tenter de contrer cette survalorisation », analyse-t-il, soulignant les études montrent qu'en dix ans, la part des étudiants qui ne boivent jamais d'alcool a doublé, passant de 10 à 20%. Et tous conseillent aux brasseurs belges de s'investir à fond dans la bière sans alcool.
    À lire aussiLa mobilisation lycéenne en France trouve un écho en Belgique
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    Au Yémen, sous le joug houthi, les habitants de Sanaa n'osent plus parler

    08.10.2026
    Après douze ans de guerre, plus de la moitié de la population yéménite a besoin d'une aide humanitaire. La reprise des combats ces dernières semaines est venue aggraver une situation déjà difficile. Pour les journalistes, le pays est aussi extrêmement difficile d'accès, encore plus dans les zones contrôlées par la rébellion houthie.
    Il a fallu passer plusieurs coups de fil via des intermédiaires pour entendre la voix des habitants de Sanaa. La plupart des contacts ne souhaitaient pas parler publiquement. Un homme, anonyme, nous explique pourquoi. Lui a dû fuir la capitale du Yémen tenue par les Houthis. « La situation dans les zones sous contrôle houthi est intenable, économiquement comme du point de vue des services publics. Et les gens n'osent pas parler car ils savent ce dont ils sont capables, ils connaissent leurs méthodes sanglantes. Dernièrement, certaines personnes sont apparues dans les médias, et quelque temps après, ils étaient liquidés », affirme-t-il.
    Un environnement que subit la population yéménite et aussi ceux qui défendent ses droits. Plusieurs humanitaires ont été victimes de disparitions forcées ces dernières années. Des dizaines d'employés de l'ONU sont toujours détenus arbitrairement. Certains ont confié avoir été torturés pour leur soutirer de faux aveux d'espionnage. Khawla Alrowaishan travaille pour l'ONG Mwatana for Human Rights. « Je pense qu'aucun d'entre nous ne se sent en sécurité à Sanaa en ce moment. Nous sommes toujours menacés et plusieurs de nos membres ont subi des exactions, dont des détentions arbitraires. Mais nous n'avons pas d'autre choix que de nous battre et de continuer », témoigne-t-elle.
    L'organisation a documenté également la répression contre les femmes dans un récent rapport. Elle y recense les restrictions sur les déplacements, des interrogatoires humiliants subis par les femmes et leurs familles. Rendre visite à des proches dans d'autres gouvernorats, travailler y compris dans le secteur humanitaire, tout cela est devenu difficile voire impossible. Dans d'autres cas, elles ont été contraintes de se faire accompagner d'un mahram [un proche parent] et de respecter des codes vestimentaires spécifiques. Tout cela sous le couvert de la guerre menée contre le gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par l'Arabie saoudite.
    Laith habite à Sanaa, où il tente de faire marcher un modeste magasin informatique. « Je suis à Sanaa et je peux vous assurer que ceux qui paient le prix de cette guerre, c'est d'abord la population : des gens perdent leur maison, des commerçants leur boutique. Il n'y a pas de salaires réguliers depuis une décennie. Ils sont versés tous les trois ou quatre mois, et encore, seulement en partie. Il y a beaucoup d'inflation. La vie est chère, tout est cher. Et les gens vivent à la grâce de Dieu. La situation est terrible et on prie pour que cette guerre prenne fin le plus tôt possible », raconte-t-il.
    Une guerre féroce où les deux camps – houthis comme loyalistes – usent parfois des mêmes méthodes, indifférentes au droit international humanitaire. Des méthodes telles que les bombardements de zones civiles ou le recrutement de mineurs comme combattants.
    À lire aussiYémen: une vingtaine de raids saoudiens à Sanaa, selon les Houthis, le site d'Aramco à Riyad touché en représailles
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    La Turquie résiste à la vaccination contre le papillomavirus

    07.10.2026
    En 2026, le vaccin contre le papillomavirus fait toujours débat en Turquie. Alors que plus de 140 pays l’ont intégré à leur programme national de vaccination, les autorités d’Ankara hésitent et temporisent. Ce choix pose des questions de santé publique, mais aussi d’égalité : ce vaccin protège notamment contre le cancer du col de l’utérus, mais son prix le rend inaccessible à une large partie de la population. Pourquoi cette hésitation du gouvernement turc face au HPV ? Entre défiance vaccinale, contraintes économiques et tabou autour d’un virus sexuellement transmissible, les raisons sont multiples.
    Ce reportage de notre correspondante à Ankara est à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
    À écouter dans Le conseil santéPapillomavirus: à partir de quel âge la vaccination est-elle recommandée?
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