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    Égypte: le gouvernement décide d'un couvre-feu commercial, face à la hausse des prix de l'énergie

    03.04.2026
    Heurtée de plein fouet par la guerre qui fait rage au Proche-Orient, l’économie égyptienne est aux abois. Monnaie dévaluée, inflation galopante et prix de l’énergie qui s’envolent. Pour faire face, le gouvernement a décrété samedi 28 mars un couvre-feu commercial d’un mois. Tous les magasins non essentiels sont tenus de fermer leurs portes en soirée pour économiser de l’énergie.
    De notre correspondant au Caire,
    Dans une rue commerciale du centre historique du Caire, l’ambiance rappelle celle d’un jour férié, une heure avant l’extinction des feux imposée par les autorités. Couteau et pierre à aiguiser en main, un boucher exprime sa frustration face à une mesure qu’il juge injuste. « Si seulement c’était que le week-end, mais non, cette loi va s’appliquer tous les jours », confie-t-il, résigné.
    Durant un mois, renouvelable au bon vouloir du gouvernement, une nouvelle réglementation impose aux commerces non essentiels de baisser leur rideau à 21 heures précises, et à 22 heures les week-ends. De l’autre côté du trottoir, un vendeur de grillades, lui, continue de travailler derrière son barbecue, sous certaines conditions. « On nous a dit qu’on pouvait continuer, mais à condition de baisser la lumière », explique-t-il.
    Pour beaucoup, cette mesure suscite avant tout de l’incompréhension. « Cela ressemble à un couvre-feu, mais les personnes peuvent quand même circuler. C’est une décision pourrie qui rappelle l’époque du coronavirus. On dit que c’est à cause de la guerre. Mais ceux qui sont bombardés, comme à Dubaï, ils n’ont pas de couvre-feu. C’est toujours les Égyptiens qui payent la facture », s’indigne ce chauffeur de taxi, qui préfère garder l’anonymat.
    Si l’Égypte échappe aux bombardements qui frappent d’autres pays de la région, elle n’en subit pas moins les conséquences économiques du conflit, en particulier dans le secteur de l’énergie. « L’Égypte est passée du statut d’exportateur net de gaz à celui d’importateur net, souligne Timothy Kaldas, directeur adjoint du think tank Tahrir Institute for Middle East Policy. La majeure partie du gaz qu’elle importe provenait d’Israël. Or, en raison de la guerre, Israël a interrompu sa production. L’alternative consiste donc à essayer de réduire la consommation autant que possible. Les conséquences économiques de la guerre n’en sont qu’au tout début pour les pays fragiles comme l’Égypte. Une autre possibilité que nous avons déjà observée par le passé serait des coupures de courant tournantes. »
    En attendant, le gouvernement égyptien multiplie les mesures contraignantes pour faire face à la crise. Parmi elles figurent l’extinction partielle de l’éclairage public, le recours au télétravail obligatoire un jour par semaine pour les fonctionnaires, ou encore l’augmentation des prix des transports en commun. Autant de décisions qui pèsent un peu plus sur le quotidien des Égyptiens.
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    Espagne: l'État et l'Église signent un accord l'indemnisation des victimes de viols

    03.04.2026
    À deux mois de la visite du pape en Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez et l’Église espagnole viennent de signer un accord « pionnier » pour indemniser les victimes d’agressions sexuelles commises par des religieux. Cet accord concerne les affaires prescrites ou impliquant des auteurs décédés.
    de notre correspondant en Espagne
    Il aura fallu trois années d’âpres négociations et de nombreuses réticences et opacité de la part de l’Eglise catholique espagnole pour que voit le jour cet accord entre l’État et l’Épiscopat. Conclu en janvier, il vient tout juste d’être officialisé. Maria, accompagnante et psychologue de l’association Acogida Betania, fondée en 2019 pour soutenir les victimes des abus sexuels au sein de l’Eglise, se félicite de cet accord même s’il survient un peu tard selon elle : « Cet accord survient un peu tard pour nous. Les victimes n’ont reçu aucun soutien durant trop de temps. Durant vingt, trente ou quarante années, elles ont vécu avec ce traumatisme et ont fait face à un silence et à un obscurantisme d’une institution, qui a tout fait pour nier, remettre en doute leur parole et occulter des faits et des crimes commis à l’intérieur de l'Eglise » .
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    Le plan de réparation intégrale baptisé Priva n’a pas convaincu les plaignants
    L’accord change en effet la donne. Jusqu’alors, les prélats acceptaient au compte-gouttes de recevoir des personnes affirmant avoir été victimes d’actes pédophiles commis par des religieux. Une procédure qui s’inscrivait dans le cadre du Plan de réparation intégrale baptisé Priva mais qui n’a pas convaincu les plaignants comme le rappelle Maria : « Les victimes n’avaient pas confiance dans le plan prévue par l’Eglise car c’était la propre Église, celle qui durant des années n’a pas su protéger ces victimes, qui décidait de comment et quand et avec quelle quantité, elle allait dédommager les victimes ».
    Désormais, c’est un organisme public qui recevra les plaintes des victimes et c’est l’Église qui devra les indemniser au cas par cas. Un barème de rémunération va être établit selon la gravité de l’abus sexuel.
    « De nombreuses victimes m’ont écrit pour me faire part de leur soulagement après cet accord même s’il arrive tard, cela suppose une certaine tranquillité de pouvoir compter sur le défenseur du peuple, un organisme indépendant ».
    Selon le défenseur du peuple, qui se fonde sur un rapport publié en 2023, depuis 1940, plus de 200 mille mineurs pourraient avoir subi des agressions sexuelles de la part d religieux catholiques espagnols, chiffre qui s’élèverait à 400 mille si l’on compte les agressions commises par des laïcs dans les milieux religieux.
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    Guerre au Moyen-Orient: la communauté libanaise expatriée au Qatar s'inquiète

    02.04.2026
    La guerre au Liban, un conflit suivi avec douleur par l’immense diaspora libanaise dont la population dépasse en nombre celle des Libanais vivant dans leur propre pays. Pour les expatriés libanais du Golfe, la situation est particulière puisqu’eux-mêmes vivent dans des pays déstabilisés par cette guerre régionale. 
     
    De notre envoyé spécial à Doha,
    Au Qatar, deux amies libanaises expatriées pour des raisons professionnelles et économiques, comme tant d'autres de leurs compatriotes, échangent sur la situation au Liban. « On a cette énorme inquiétude concernant le Liban. On vit les infos, on se réveille, on regarde les infos, on est toujours devant nos écrans, témoigne la première. On travaille, c'est vrai, mais notre tête est ailleurs. »
    « Le Liban, c'est notre pays. C'est le plus beau pays, on l'aime. Mais malheureusement, on a vécu beaucoup de guerres et on continue à vivre beaucoup de guerres, complète son amie. Et maintenant, le Liban saigne. Donc nous sommes fatigués, nous sommes épuisés moralement. »
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    « On ne s'y attendait pas »
    17 ans au Qatar pour l'une, 10 ans pour l'autre, l'une travaille dans le domaine de la santé, l'autre dans l'éducation. Les deux amies libanaises ont connu d'autres guerres dans leur pays, mais cette fois, le conflit est régional, avec des drones et des missiles iraniens interceptés ici dans le ciel des pays du Golfe. « On ne s'y attendait pas et on ne sait pas ce qu'il va se passer dans une semaine, dans quelques jours, parce qu'on a dû partir pour de meilleures opportunités, pour trouver la stabilité pour nous et pour nos enfants, exprime une des deux amies. Et on se retrouve de nouveau dans une situation vraiment extrêmement compliquée. »
    Passé le trouble des premiers jours, les deux amies libanaises se sentent en sécurité au Qatar, où les alertes se font désormais plus rares. « Donc ici, pour nous, ce qu'on vit maintenant, c'est rien du tout, honnêtement, c'est rien du tout, juge l'une. » « On a honte d'en parler », réagit son amie. « Donc ce qu'on vit maintenant ici, c'est rien du tout parce qu'on le sent ici, il y a l'État, il y a les gens qui travaillent derrière, il y a les leaders qui sont là, il y a les gens qui t'envoient des messages pour te rassurer, poursuit la première. Ça, ça nous manque au Liban. »
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    « On va être tiraillées »
    Le dialogue entre les deux femmes continue : « On est au Qatar, on se dit grâce à Dieu, on est au Qatar. Parce que même avec les bombardements et les missiles, on sent toujours, toujours cette protection. Vraiment. »
    Parfois, une phrase s'interrompt dans un sanglot lorsque les deux expatriées évoquent les conversations avec leur famille restée au Liban. « On se sent coupable parce que, lorsqu'on voit nos parents dans quel état ils sont, bien sûr, en tant que Libanaise, j'ai envie d'y aller, de les aider. Je suis en train de les aider financièrement. Mais il y a aussi le côté moral. Ils ont besoin de nous. Mais comment ? On va être tiraillées…, confie-t-elle. Parce qu'ici, le Qatar, pour moi, c'est mon deuxième pays, il a besoin de nous. Maintenant, on ne peut pas partir parce qu'on a nos familles ici, on a nos enfants, donc on va rester, inchallah, tout ira bien. »
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    En Hongrie, la presse prête à défendre sa liberté à quelques jours des législatives

    01.04.2026
    En Hongrie, à quelques jours des élections législatives à un tour du 12 avril 2026, tous les scénarios sont sur la table. Y compris celui où Viktor Orban gagnerait le scrutin. Le dirigeant d’extrême droite l’a annoncé : il souhaite faire taire la poignée de médias indépendants qui existent encore dans le pays. La presse libre se prépare au pire.
    Un reportage de notre correspondante à Budapest à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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    En Turquie, la laïcité, inscrite dans la Constitution, fait débat

    31.03.2026
    En Turquie, la querelle autour de la laïcité a ressurgi dans le débat public ces dernières semaines. En plein mois de ramadan, un mois de communion spirituelle, on a pu constater les fractures, toujours plus fortes, entre un pouvoir qui se revendique ouvertement de l’islam et une partie de la société qui dénonce des injonctions et une instrumentalisation de la religion. Alors que la laïcité est un principe inscrit dans la Constitution turque, deux polémiques sont venues illustrer cette fracture.
    Un reportage de notre correspondante à Ankara à écouter en version longue dans Accents d'Europe.
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