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    En Colombie, les législatives se jouent aussi sur les réseaux sociaux

    06.03.2026
    Ce 8 mars 2026, les Colombiens sont appelés aux urnes pour renouveler le Congrès. Parmi les candidats, nombreux sont ceux qui se sont d'abord fait connaître sur les réseaux sociaux. Ces créateurs de contenu, ancrés à gauche ou à droite, sont devenus de véritables références politiques pour leur génération, au point de façonner les opinions et de mobiliser les foules. Entre mèmes, threads éducatifs et lives militants, une nouvelle forme d'engagement politique est en train de naître.
     
    De notre correspondante à Medellín,
    Smartphone en main, en mode selfie, Hernan Muriel ne rate rien du cortège qui défile ce jour-là pour défendre les 23 % de hausse du salaire minimum. Flanqué d'un t-shirt noir au logo du Pacte historique, la coalition de gauche du président Gustavo Petro, Hernan Muriel commente la scène à ses centaines de milliers d'abonnés. « Allez, cessons d’être si complaisants, interpelle-t-il sur la vidéo. Soit on penche du côté de ceux qui sont en train de faire s'effondrer le pays, en augmentant la pauvreté, en creusant les écarts d’inégalité, soit nous penchons de l’autre côté, du côté du peuple, et de celui qui veut augmenter le salaire minimum, celui qui a historiquement réduit la pauvreté monétaire et l’extrême pauvreté.»
    Avant de s'engager dans la campagne électorale en cours, Hernan Muriel, 28 ans, militait déjà sur les réseaux sociaux. Il s'est d'ailleurs appuyé sur eux pour fonder le mouvement Cofradía para el Cambio : « Aujourd’hui, je suis candidat pour le Pacte historique. Je veux représenter le Pacte historique à la Chambre des représentants du département d’Antioquia ». Son compte TikTok affiche aujourd’hui près de 400 000 abonnés et celui d’Instagram plus de 195 000, essentiellement des jeunes. Certaines de ses vidéos sont vues des millions de fois.
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    « D’une certaine manière, cela a permis le triomphe de Petro »
    Le phénomène intéresse les chercheurs de la fondation Pares. « En Colombie, YouTube, Facebook et TikTok sont devenus les principaux moyens d’information de la population en général, analyse Isaac Morales, spécialiste des questions de la démocratie et de la gouvernance au sein de la fondation. Et un grand nombre de jeunes ont accès à ces réseaux ou aux réseaux sociaux en général. Cela permet d’avoir une audience bien plus grande que celle d’il y a cinq ou dix ans. »
    L'influence directe de ces candidats issus des réseaux sociaux reste difficile à mesurer. Pour le chercheur, leur pouvoir de mobilisation auprès des électeurs est indéniable : « Non seulement en Colombie, mais dans plusieurs pays d’Amérique latine et du monde, les partis politiques sont conscients de la grande influence des réseaux sociaux et se tournent vers ce type de profils et de personnages qui peuvent apporter des votes. Mais, ce que nous avons vu, c’est que ce n’est pas toujours le cas. En effet, lors des élections de 2022, beaucoup d’influenceurs se sont lancés en politique et beaucoup n’ont pas réussi à obtenir de mandat. Mais lors de la grève nationale en 2019 et 2021, on a vu une grande couverture de l’évènement sur les réseaux sociaux et surtout de la part des jeunes très proches du projet du président Gustavo Petro. D’une certaine manière, cela a permis le triomphe de Petro. »
    Dimanche 8 mars, plus de 3 000 candidats se disputeront les 103 sièges du Sénat et les 183 sièges de la Chambre des représentants, une bataille qui s'annonce serrée.
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  • Reportage international

    Égypte: dans le quartier populaire de Matareya, des milliers de personnes rompent le jeûne ensemble

    05.03.2026
    Depuis 2013, le quartier populaire de Matareya, à l’est du Caire, organise le plus grand iftar de la capitale égyptienne. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes se retrouvent le temps d’une soirée au milieu du ramadan pour rompre le jeûne ensemble. Pour les jeunes organisateurs, c’est l’occasion de redorer l’image de ce quartier souvent méprisé. Pour les invités, c’est un moment pour oublier, le temps d’une soirée, les conflits qui déchirent la région.
    De notre correspondant au Caire,
    Derrière son petit stand de sandwichs, au milieu de la foule, Marwa n’arrête pas. « Je fais du foie sauté, je ne les compte plus, Dieu soit béni ! », s'exclame-t-elle. À une heure de la rupture du jeûne, l’ambiance est déjà surchauffée à Matareya : « Vous ne trouverez pas meilleure ambiance ! La vie est belle chez nous ! »
    Taha, en pull blanc floqué du logo de l’événement, s’affaire à distribuer les portions et à coordonner ses bénévoles. Il participe à l’organisation depuis le début, en 2013. « Au début on était juste un groupe de jeunes qui voulaient rompre le jeûne ensemble. Il n’y avait que trois ou quatre tables, se rappelle-t-il. Et maintenant, comme vous pouvez le voir, ça a grandi ! C’est devenu un jour saint pour Matareya. »
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    Un quartier populaire qui redore son image
    Ce quartier populaire des faubourgs du Caire traîne depuis longtemps une mauvaise réputation. Beaucoup le perçoivent encore comme une ashwā’iyya, ces zones d’habitat informel marquées par la pauvreté et l’insécurité. Son nom reste aussi associé, pour certains, aux affrontements sanglants qui ont éclaté pendant la révolution de 2011.
    « Nous voulons montrer une image différente. Les quartiers populaires ne sont pas comme les gens l’imaginent. Aujourd’hui, on montre qu’un quartier populaire peut accueillir des milliers de personnes, se réjouit Tahar. Ses habitants sont généreux. Venez nous rendre visite et vous verrez le respect, la politesse et les bonnes valeurs des gens, très loin de l’image que vous en avez peut-être. Et ça nous rend heureux ! »
    Mission réussie, à en juger par le sourire de cette dame et de ses voisines, venues de l’autre bout de la ville. « Les habitants de Matareya sont les plus aimables et les plus gentils ici, vraiment », affirme-t-elle.
    Cette année, alors que le fracas des armes vient perturber le mois sacré, elle adresse une pensée pour les guerres qui frappent la région : « Que Dieu protège l’Égypte et que Dieu protège toute la communauté musulmane. Qu’il protège tous les pays arabes de ce qu’ils traversent, demande-t-elle. Ce ramadan, c’est la communauté du peuple musulman : nous nous tenons les uns aux côtés des autres, unis, comme une seule main. »
    C’est d’ailleurs par un chant en soutien à la Palestine que se terminera la soirée.
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    Au Népal, l'inquiétude des proches des travailleurs expatriés dans les pays du Golfe

    04.03.2026
    Ce jeudi 5 mars, c'est jour de vote au Népal. Un scrutin décisif, près de six mois après le soulèvement historique de la jeunesse, mais une élection qui se heurte aussi à la guerre qui fait rage au Moyen-Orient. Dans un pays au chômage des jeunes très élevé, des millions de Népalais sont partis travailler dans les pays du Golfe. Mais depuis l’attaque américaine et israélienne sur l’Iran et la riposte iranienne, les proches de ces travailleurs népalais vivent dans la peur.
    De notre envoyé spécial à Katmandou, 
    À Katmandou, les vidéos filmées par des Népalais inquiets montrant les interceptions de missiles dans le ciel de Doha, Dubaï ou Abou Dhabi défilent sur les portables. 1,7 million de Népalais travaillent légalement dans les pays du Golfe, bien plus dans la réalité. Dans certains villages, chaque famille a un proche expatrié au Moyen-Orient.
    Susma Baral revient tout juste des Émirats arabes unis, elle nous accueille dans sa maison. « Avec mon mari, nous sommes partis, car ici on ne pouvait pas s’offrir de vraie maison, notre situation financière était trop précaire, raconte-t-elle. Comme c’est l’aîné de la famille, il doit aussi assurer la charge financière pour ses frères et sœurs… »
    Enceinte de sept mois, elle est rentrée pour accoucher au Népal, aux Émirats arabes unis, les factures de santé étaient trop élevées. Son mari, Bibik Dhakal, est encore sur place. « Quand je vois tout ce qui se passe là-bas, sur les réseaux sociaux, dans les médias internationaux, ça m’inquiète énormément... J'ai peur que les missiles tombent sur son appartement, son quartier. À cause de cela, je ne dors plus depuis trois nuits », se désole-t-elle. 
    Et elle l’appelle chaque jour : « J’ai entendu les explosions, je n’ai pas vu de missiles en train de descendre dans le ciel, mais j’ai vu la fumée après qu’ils soient tombés au sol », témoigne son mari au téléphone. 
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    « La peur les tient éveillés »
    Depuis la banlieue de Katmandou, son épouse reste connectée avec la communauté de travailleurs népalais. Pour l'association Shramik Sanjal, elle anime des émissions en direct sur les réseaux sociaux. Elle répond aux questions, et les informe de l’évolution du conflit. « Je parle avec beaucoup de travailleurs népalais au Moyen-Orient. Ces trois/quatre derniers jours ont été particulièrement durs. Ils sont réveillés par les bruits des missiles et des interceptions. Même lorsqu’ils essaient de s’endormir, ils n’y arrivent pas, la peur les tient éveillés. »
    Susma travaille dans l’enseignement et son mari est analyste alimentaire. Le couple se dit chanceux par rapport aux Népalais qu’ils connaissent sur place, car ils occupent des emplois extrêmement précaires dans l’hôtellerie, l’agriculture, la construction ou la restauration. « Ils ont peur, ils passent leur temps à regarder des vidéos en direct, ils ne mangent pas, décrit Bibik Dhakal. Ils n’ont aucun choix. Ils n’ont pas leur passeport, c’est leur employeur, ou quelqu’un d’autre, qui le détient… Ensuite, ils n’ont pas d’argent pour partir… »
    Ces travailleurs envoient chaque mois une grande partie de leur salaire à leurs proches, gardant le strict minimum. Ces transferts d’argent représentent un quart du PIB du Népal. C'est un sacrifice vital pour l’économie, mais qui ne leur offre pas de droits civiques. Tous ces travailleurs ne peuvent participer au scrutin de ce jeudi 5 mars : le vote dans les ambassades ou consulats à l’étranger n’est pas autorisé au Népal. 
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    Au Royaume-Uni, la famille royale est de moins en moins populaire

    03.03.2026
    L'affaire Epstein n'a pas fini de secouer la monarchie britannique. L’ex-prince Andrew, déjà accusé d'agression sexuelle, a été arrêté le 19 février dernier. Soupçonné de faute professionnelle dans l’exercice de ses fonctions lorsqu’il était représentant spécial du commerce entre 2001 et 2011, il a passé 11 h dans un poste de police. Andrew Mountbatten Windsor n’a pas été inculpé mais s’il l’est et qu’il est reconnu coupable, il risque la prison à vie. Le roi Charles III a beau lui avoir retiré son titre de prince en fin d’année, les liens de son frère avec Jeffrey Epstein éclaboussent Buckingham Palace et la popularité de la royauté britannique est au plus bas. 
    Un reportage de notre correspondante à Londres à retrouver en intégralité sur le podcast d'Accents d'Europe.
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    Chine: les lanternes de palais inscrites au patrimoine culturel immatériel

    02.03.2026
    À Pékin, un artisanat vieux de plus de deux siècles est aujourd’hui classé patrimoine culturel immatériel. Les lanternes de palais, autrefois réservées aux cours impériales, sont toujours fabriquées à la main, mais par une poignée d’artisans vieillissants. Les lanternes de la place Tiananmen viennent d’un petit atelier situé en plein cœur de la capitale. Entre transmission fragile et attachement populaire, reportage sur une tradition qui tente de survivre.
    De notre envoyée spéciale à Pékin,
    À Pékin, certaines lumières viennent de très loin dans le temps. Elles éclairaient autrefois les palais impériaux. Aujourd’hui, elles pendent encore dans quelques maisons et dans un atelier, où presque plus personne ne sait les fabriquer. Tang, thé au jasmin entre ses mains burinées, nous reçoit dans la pièce maîtresse de l’atelier. Il nous montre une lanterne. 
    « L'hexagone au milieu, c'est le modèle traditionnel de lanterne de palais. Elle est entièrement sculptée dans du bois de rose massif et elle représente deux dragons jouant avec une perle. Dans le passé, dans les anciennes cours impériales, toutes les lanternes suspendues étaient de ce type. Elles symbolisaient le luxe, la richesse », décrit le vieil homme. 
    Pendant des siècles, ces lanternes indiquaient le statut social d'une personne. Ici, chaque pièce est sculptée et assemblée à la main, un travail long et minutieux.
    « C'est un métier délicat qui demande beaucoup de savoir-faire. Nous avons été officiellement désignés comme patrimoine culturel immatériel. Ce que nous fabriquons appartient à ces anciennes traditions, et nous ne pouvons pas les laisser disparaître. Tous ces anciens métiers artisanaux de Pékin, pour être honnête, ont pratiquement disparu. Quand on en arrive là, c'est la fin », se désole notre hôte.
    Un savoir-faire protégé
    Aujourd’hui, ce savoir-faire est officiellement protégé. Mais dans l’atelier, ce sont aussi les artisans qui disparaissent, comme nous l'explique l’un des derniers d’entre eux, Liu, âgé de 78 ans : « Il n'y a pas d'employés officiels dans cet atelier. Tout le monde est à la retraite. Même les plus jeunes ont déjà plus de soixante ans et ils continuent à venir ici pour travailler. L'industrie artisanale reste un secteur assez difficile. Les jeunes n'aiment pas faire ce genre de travail. »
    C’est un métier exigeant et difficile à transmettre. Et pourtant, les lanternes continuent d’être achetées. Pour la fête des lanternes, cette acheteuse choisit le bois. « C'est pour le Nouvel An. Pour ma maison, je veux quelque chose de meilleure qualité qui puisse être accroché plus longtemps. Même si les décorations en plastique sont jolies, elles ne dureront pas », nous dit-elle. 
    Liu souligne qu’à présent, dans les appartements modernes, ces lanternes n’éclairent plus des empereurs, mais des repas de famille : « Beaucoup de gens qui achètent des lanternes aujourd'hui cherchent ce sentiment de nostalgie, ce lien émotionnel. C'est ce qui compte. ». 
    Les lanternes de palais ont traversé les dynasties, les révolutions, les transformations de la ville. Aujourd’hui, leur avenir dépend de deux choses : des mains qui savent encore les fabriquer et des maisons qui choisissent encore de les accrocher.

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