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RFI - Reportage International

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  • Afghanistan: la pauvreté et ses corollaires extrêmes
    En Afghanistan, 70 % de la population ne mange pas à sa faim et se bat au jour le jour pour survivre. Le pays, dont l’économie était déjà sinistrée par 40 ans de guerre, vivait sous perfusion de l’aide internationale. Avec la prise du pouvoir par les talibans, cette aide a cessé, faisant perdre à l’Afghanistan 40 % de son PIB. Conséquence : l’Afghanistan a plongé dans l’une des pires crises humanitaires au monde. Dans les camps de déplacés de Qala-e-Naw, la capitale provinciale de Badghis, dans l’est du pays, les familles vivent dans le plus grand dénuement et en viennent à prendre des mesures inimaginables. De notre correspondante en Afghanistan, Mubarak et Asif vivent sous une bâche tendue au-dessus d’un trou large de 4 m² qu’ils ont creusé eux-mêmes dans la terre sèche de Qala-e-Naw, la capitale provinciale de Badghis. Mubarak, porte son fils sur son dos. Le petit garçon, renversé par une moto quelques mois plus tôt, est handicapé. La mère, montre sa fille à ses côtés : « Je veux utiliser l’argent que j’aurai en la vendant, pour mon fils. Le mari qu’on lui a trouvé est sourd. Mais on n’a pas le choix. On est obligé de la sacrifier pour pouvoir emmener notre fils consulter un médecin à Kaboul ou au Pakistan. » « Quel âge as-tu ? », lui demande-t-on. Elle répond : « J’ai dix ans ». La fillette, frêle, baisse la tête, se détourne… « Je n’ai pas le choix, je n’ai qu’un seul fils », regrette Mubarak. Elle espère obtenir une dot d’environ 4 500 euros. « J’aime tellement mon fils. Il est très important, insiste-t-elle. Les garçons font des études, ils vont travailler en Iran et envoient de l’argent à leur famille qui peuvent alors avoir une vie confortable. Les filles, elles, appartiennent à d’autres, elles partent vivre chez leur mari. » ► À lire aussi : Les Afghans n'ont plus suffisamment d'argent pour assurer leurs besoins alimentaires Dans le camp de déplacés internes, la misère est extrême. Les familles se sont endettées, et plusieurs ont marié de force l’une de leur fillette. Il y a un mois, Rabia, a aussi pris cette décision inimaginable. Elle a donné sa fille Khassagoul, âgée de 12 ans seulement, en mariage : « La personne à qui on a emprunté de l’argent, nous demandait chaque jour de la rembourser. C’est pour ça qu’on a donné notre fille a un homme qui a 40 ans. Il nous a prêté 50 000 afghanis. Il nous a dit "si vous n’avez pas d’argent pour me rembourser, donnez-moi votre fille." Personne chez moi ne travaille, mon mari est handicapé et mon fils n’a que 10 ans. »  Rabia Aghamamat a quitté son village frappé par la sécheresse il y a quatre ans, fuyant aussi les combats qui opposaient alors les talibans aux forces gouvernementales de l’ex-république d’Afghanistan. La famille, démunie, a encore plus sombré dans la misère au cours des derniers mois. « Je ne suis pas contente d’avoir donné ma fille en mariage, elle n’est pas prête pour tomber en enceinte ni pour s’occuper d’une maison », déplore-t-elle. « J’ai pris cette décision parce qu’on mourrait de faim, pour mes autres enfants. Notre situation s’est dégradée. Le riz et l’huile coutent très cher. On dîne une fois tous les 10 jours, sinon on ne mange que du pain avec du thé. Parfois, on dort le ventre vide. On ne peut même pas acheter de l’eau potable. »  À Badghis, où 90 % de la population ne mange pas à sa faim, de plus en plus de familles désespérées, donnent leur fillette en mariage, certaines même contre des sommes parfois dérisoires. ► À lire aussi : Afghanistan: état des lieux un an après la prise de pouvoir des talibans
    8/19/2022
    2:38
  • L’éducation en péril en Afghanistan
    Depuis que les talibans sont arrivés au pouvoir il y a un an, ils ont imposé des réglementations strictes, notamment en ce qui concerne l’éducation des jeunes filles. Elles ne peuvent désormais plus accéder à l’enseignement secondaire. Par ailleurs, l'organisation humanitaire Save the Children estime que plus de 45 % des filles ne vont pas à l'école primaire, contre 20 % des garçons. De notre envoyée spéciale, Dans une petite salle de classe à Kaboul, une dizaine d’élèves, filles et garçons de moins de dix ans, tous mélangés, sont studieux. Ils se lèvent en cœur pour saluer leur professeur des écoles. L’arrivée au pouvoir des talibans a changé le destin des jeunes filles du pays.  « On ne nous laisse pas aller à l’école à partir du collège », confie Asma, âgée de huit ans, timide, mais tout de même volontaire. Son rêve ? Devenir médecin. « Il y a des chances que je ne puisse pas étudier pour devenir docteur. On est tristes et déçues de ne pas pouvoir continuer à étudier. »  Adela, son institutrice, s’estime chanceuse de pouvoir continuer à enseigner dans cet établissement privé. Mais elle peine à trouver comment rassurer ses élèves sur leur avenir. « Nous sommes bien sûr déçues pour nos étudiantes, on voudrait qu’elles puissent reprendre leurs études », dit-elle. Le regard incertain, elle ajoute : « Toutes les femmes ont peur d’être interdites de travailler pour de bon, on a toutes ça en tête, car il est difficile d’avoir confiance dans cette situation. » « Astreintes à domicile » Dans la classe d’à côté, quelques garçons suivent des cours de religion. L’un d’eux, Abasseen, âgé de neuf ans, explique que ses deux grandes sœurs n’étudient désormais plus. « Ma famille ne les laisse pas aller à l’école », raconte-t-il. « Nous sommes une famille un peu conservatrice et nous, nous sommes des hommes. »  Selon le jeune garçon, ses sœurs lui disent qu’elles aimeraient étudier : « Je suis triste pour elles, pourquoi devraient-elles être illettrées ? » ► À lire aussi : «Les talibans ont enterré l’espoir des jeunes Afghanes en faisant sonner la cloche de l’école» C’est la question que de nombreuses femmes se posent. Maliha était à la tête du Women’s Accounting Institute de Kaboul, responsable de l’égalité des sexes et enseignante de droit. Depuis un an, elle ne fait plus rien de tout cela. « Je ne pense pas que les écoles vont rouvrir pour les femmes », dit-elle, le ton désespéré. « Il n’y a aucun réel espoir, car lorsque les talibans étaient au pouvoir il y a vingt ans, toutes les écoles ont été fermées. Il y a un an, on espérait peut-être que ça changerait, mais aujourd’hui, nous n’avons plus du tout d’espoir. Maintenant, on reste chez nous, nous n’avons pas le droit d’étudier, d’enseigner, d’aller dehors. Nous sommes astreintes à domicile. »  Ce changement de gouvernement a des conséquences dangereuses sur le bien-être mental des jeunes filles. Selon des études menées par Save the Children au cours de l’année passée, 26% des filles montrent des signes de dépression, contre 16% des garçons, et 27% des filles montrent des signes d'anxiété, contre 18% des garçons. Un futur incertain Baher supervise ce complexe privé qui réunit écoles primaires, secondaires et universités. Selon lui, il faut s'adapter à la situation du mieux possible pour pouvoir continuer à offrir une éducation aux générations futures. Il se peut que cette situation ne soit que temporaire, espère-t-il.  « Dans les écoles que le gouvernement dirige, il y a des problèmes, les responsables ne sont pas en mesure de payer certains salaires, il leur manque des enseignants », explique-t-il. « Des méthodes plus strictes ont été mises en place depuis l’arrivée des talibans. Ce sont des choses qui ont eu un impact négatif sur les étudiants, les enseignants. Si la situation perdure, il y aura de sérieuses conséquences. Mais il faut garder espoir. » Certains membres du mouvement taliban sont favorables au retour des filles à l'école, soit parce qu'ils n'y voient aucune objection religieuse, soit parce qu'ils souhaitent améliorer leurs relations à l’international. D'autres, en particulier les anciens des zones rurales qui constituent l'épine dorsale du mouvement, s'y opposent fermement. ► À écouter aussi : En Afghanistan, quelle résistance pour les femmes? La cloche sonne, Mohammad, un élève de 13 ans, se lève de sa chaise. Pour lui, cette interdiction est incompréhensible. « Elles ont aussi le droit d’avoir une éducation et un bel avenir devant elles », déclare le jeune homme, déterminé. « Aujourd’hui, leur futur est incertain. Les filles devraient retourner à l’école, car tous les hommes et les femmes doivent travailler ensemble pour notre pays. C’est vraiment cruel et ça va ruiner l’avenir du pays. »  Des cours à la maison se multiplient, d’autres en ligne sont également accessibles. Les femmes usent de détours autrefois impensables pour tenter de s’octroyer un droit pourtant fondamental. Mais pour cela, encore faut-il avoir les moyens de le faire.
    8/18/2022
    2:38
  • En Afghanistan: les militantes féministes risquent leur vie pour défendre leurs droits
    Privées d’éducation, forcées de porter le voile intégrale, bannies de la politique et des médias, les femmes disparaissent peu à peu de l’espace public en Afghanistan. Le régime taliban a mis en place une version rigoriste de la charia islamique qui ne laisse aucune place à celles qui représentent plus de la moitié de la population. Reléguées au rang de « mineure sous tutelle d’un proche masculin », les femmes ont perdu l’ensemble de leurs droits acquis au cours de la République afghane d’Afghanistan, soutenue entre 2001 et 2021 par la communauté internationale. Exclues de nombreux emplois dans la fonction publique et dans le secteur privé, la contribution économique qu’elles représentaient pour le pays a disparu, et l’ONU l’évalue même à un milliard de dollars, soit jusqu'à 5% du PIB de l'Afghanistan. « L’avenir est un immense trou noir », confient plusieurs Afghanes résignées à subir leur sort dicté par un régime qui déteste les femmes.  De notre envoyée spéciale à Kaboul, Cléa Broadhurst, et notre correspondante, Sonia Ghezali Lundi 15 août 2022, dans les rues de Kaboul, des centaines de combattants et sympathisants du régime célèbrent leur victoire sur les États-Unis et leurs alliés. Drapeaux blancs et noirs de l’Émirat flottent aux fenêtres de Corolla et de Jeep. Des haut-parleurs diffusent des Nasheed, ces chants religieux musulmans.  Sur le toit d’un immeuble, Zholya Parsi observe ces scènes de joie, sous la pluie. « Même le ciel pleure sur la misère du peuple afghan. Il y a un an, l’Afghanistan tombait entre les mains des talibans et tous les rêves, tous les espoirs des filles et des garçons afghans ont été anéantis », déplore-t-elle. Zholya, ancienne institutrice, milite pour les droits des femmes depuis que les talibans ont pris le pouvoir. En ce jour, elle porte une robe rouge pour défier les fondamentalistes religieux et un voile noir en signe de deuil.  « Je crois qu’ils rient sur notre mort, sur la mort de notre âme. Leurs voix résonnent à mes oreilles comme une bombe atomique qui explose. Ils sont en train de fêter l’anniversaire de notre destruction. Ils célèbrent la misère du people afghan » Pour défendre ses droits, Zholya Parsi prend des risques, comme samedi 13 août, lorsqu'elle a organisé une manifestation réprimée violemment par des combattants talibans qui tiraient en l’air à balles réelles pendant de longues minutes.  ► À écouter aussi : Afghanistan : une manifestation de femmes dispersée par les tirs des talibans à Kaboul Dans l’ouest du pays, à Herat, Niloufar a choisi de se battre avec sa plume. Écrivaine, elle publie des textes et des poèmes contre l’obscurantisme. Elle confie :  « J’ai très très peur. Chaque jour quand je me mets mes chaussures pour sortir, je me dis que je ne rentrerai peut-être pas. C'est très difficile, mais on essaie, le gouvernement n’aime pas que les femmes travaillent. C’est pour ça qu’on doit être prudentes. » La pression est permanente pour cette militante féministe qui enseigne la littérature à l’université et dont un ami militant a été arrêté il y a un an. Elle dit être en permanence sur ses gardes. « J’évoquais en classe Syngué Sabour, le roman d’Atiq Rahimi. L’héroïne parle de ses sentiments.  L’une de mes étudiantes s’est exclamée : Ah non ! Vous ne devriez pas parler de ces choses-là en classe ».  Malgré les risques, Niloufar refuse de renoncer à son combat. « C’est notre responsabilité, notre responsabilité en tant qu’être humain de rester mobilisé. Je sais qu’un jour, je risque de perdre ma vie à cause de ça, mais ça n’a pas importance. », s'exclame-t-elle. Le 15 août est désormais un jour férié en Afghanistan. Pour Niloufar et de nombreuses femmes afghanes, il s’agit d’un jour noir. ► À écouter aussi : Afghanistan : les femmes au destin brisé envisagent le pire
    8/17/2022
    2:49
  • L’Afghanistan en proie à une sécheresse sans précédent
    L'une des pires sécheresses de ces dernières années a entraîné l'échec des cultures de blé pluvial, la chute des prix du bétail et des pénuries d'eau potable en Afghanistan. 19 millions de personnes - près de la moitié de la population du pays - sont en situation d'insécurité alimentaire grave et ont besoin d'une aide d'urgence. Reportage dans l’ouest du pays, dans la province de Badghis l’un des endroits les plus touchés par la sécheresse. De notre envoyée spéciale dans la province de Badghis, en Afghanistan  Dans un champ de pastèques et de sésame, à Abassi, un village dans la province de Badghis, le sol est aride, les plantes sont jaunies et séchées par le soleil. « Cela fait trois ans qu’il n’a pas plu ici », nous dit Mohammad Rahim, un fermier afghan qui cultivait son champ familial jusqu’à ce qu’il ne produise plus rien. « Chaque année, nous tentons de cultiver, mais il n’y a aucun revenu. Ces graines de sésame sont desséchées, car il n'y a pas eu de pluie. Plus rien ne pousse ici », rajoute-t-il. Les responsables de la province de Badghis ont déclaré que plus de 90% des agriculteurs de la province ont été gravement touchés par la sécheresse. Ils sont particulièrement vulnérables, car la région ne dispose pas d'un système d'irrigation, ce qui les rend dépendants des conditions météorologiques. Mais selon Mohammad, « c’est entre les mains de Dieu, pas entre celles des hommes », dit-il, en regardant ses plantations asséchées d’un air désolé. « Tous les jours, il fait de plus en plus chaud. C’est insupportable », s'exclame-t-il. Sans récolte pour subvenir aux besoins de sa famille, Mohammad n’a aucun autre revenu. Il ne sait plus quelle solution envisager. « Il n’y a pas de travail pour nous ici, on survit au jour le jour. On emprunte de l’argent aux gens riches. Je vais peut-être devoir vendre ma terre, mon enfant ou ma sœur, car on ne mange pas à notre faim, seulement du pain ». Selon l’agence de gestion du risque de sécheresse en Afghanistan, d'ici à 2030, les sécheresses annuelles dans de nombreuses régions du pays deviendront probablement la norme.  À écouter aussi : L’économie afghane sous la pression des sanctions internationales Déplacés climatiques  À quelques kilomètres du champ de Mohammad se trouve le camp de déplacés internes de Qala-e-Naw. 478 familles, qui ont dû quitter leurs terres, car elles étaient devenues inhabitables, vivent dans des trous qu’elles ont elles-mêmes creusés dans le sol, jonchés de bâches.  Rabia, une mère de famille, vit dans ce camp depuis quatre ans. « L’un de mes enfants a bu de l’eau d’une rivière près de chez nous, elle était salée. Il est tombé malade, il avait faim et soif, il n’arrêtait pas de vomir ensuite », nous raconte-t-elle. L'accès à l'eau potable a toujours été un grand défi pour les habitants de Badghis. Dans certains districts, l'eau des puits est salée, impropre à la consommation. La fille de Mubarak, elle, n’y a pas survécu. « Ça fait cinq ans que nous sommes ici, nous vivons dans ce trou sous cette tente » nous montre-t-elle en regardant le sol jonché de tapis, la voix lasse. « Avant ça allait, car nous recevions de l’aide humanitaire, mais depuis que les talibans ont pris le pouvoir, il n’y a plus d’aide pour nous. Nous n'avons reçu que deux paquets de farine depuis. Rien d’autre ». Les experts prévoient que le réchauffement climatique rendra les sécheresses encore plus fréquentes et plus importantes, forçant les habitants des régions les plus touchées à chercher refuge ailleurs. Ils tirent la sonnette d'alarme en Afghanistan depuis des années. À écouter aussi : Réfugié climatique : un statut à inventer ?   Sanctions internationales  Bien que la sécheresse soit un problème depuis des années, elle devient chaque année plus menaçante, touchant environ 80 à 85% de la population locale. Si l’aide humanitaire internationale d’urgence parvient dans le pays, les projets de développement se sont, eux, complètement arrêtés.  « C’est la faute des Américains, car ils ne reconnaissent toujours pas le gouvernement de l’Émirat islamique d’Afghanistan. L’argent des banques internationales est bloqué à cause de ça », explique Karim Aminulhak, un fermier taliban. Il rejette la faute sur les gouvernements occidentaux qui bloquent l’argent nécessaire au développement dans le pays. « Et c’est pour ça que notre situation est aussi mauvaise. Si notre gouvernement est reconnu, l’argent reviendra et pourra nous aider », complète-t-il. L’aide internationale qui maintenait les politiques publiques primordiales est interrompue, ayant mis fin aux projets de développement dans le pays et les réserves étrangères de la Banque centrale sont gelées. L’économie afghane, qui dépendait à 70% de l’aide internationale, a connu une chute spectaculaire depuis l’année dernière.  La grande majorité des agences humanitaires opérant en Afghanistan ont utilisé des systèmes de transfert d'argent informels et largement non réglementés pour transférer des fonds en Afghanistan, payer les salaires et obtenir de l'argent liquide. Ces systèmes ne peuvent en aucun cas être adaptés à l'ampleur des opérations humanitaires de développement que les groupes voudraient mettre en place.  Selon les experts, il est nécessaire de construire - et de reconstruire - l'infrastructure nationale afghane, créer des mécanismes efficaces d’irrigation. Récolter l'eau de pluie pendant la saison humide et la diriger vers les nappes phréatiques contribuerait grandement à atténuer les pénuries d'eau lors des futures sécheresses. À écouter aussi : Afghanistan : état des lieux un an après la prise de pouvoir des talibans
    8/16/2022
    2:37
  • L’économie afghane sous la pression des sanctions internationales
    En Afghanistan, l’économie est dévastée. Depuis que les talibans ont pris le pouvoir il y a un an, le pays est plongé dans une grave crise financière et humanitaire. Le budget de l’État afghan dépendait à 75% de l’aide internationale, mais celle-ci a été suspendue avec l’arrivée au pouvoir des fondamentalistes religieux. Le chômage a explosé. 70% des ménages afghans sont incapables de répondre à leurs besoins essentiels.Les banques manquent de liquidité et sont contraintes depuis un an d’imposer des plafonds de retrait hebdomadaires. La Banque centrale afghane est privée de ses réserves internationales, ses 7 milliards de dollars d'avoirs ayant été gelés aux États-Unis après que les talibans ont pris le pouvoir. Des milliers d’entreprises ont périclité. Celles qui ont survécu peinent, victimes des sanctions internationales qui pèsent sur leur pays, dirigé par un gouvernement taliban dont la légitimité n’a été reconnue par aucun pays à ce jour.  De nos envoyées spéciales à Hérat,  Dans le quartier commerçant d’Hérat, rien ne manque dans les rayons des magasins, mais les prix ont doublé en un an. « Ce riz coûtait environ 1 800 afghanis, maintenant, il coûte 3 000 afghanis. Et cette huile qui vient de Russie en coûtait 450, maintenant, elle coûte 900 afghanis », s'exclame Aziz Ahmad Amiri, un commerçant.  Une fortune pour une grande partie de la population qui a sombré dans l’extrême pauvreté depuis que les talibans ont pris le pouvoir. Aziz Ahmad Amiri a dû licencier une quinzaine d’employés au cours des derniers mois. Il a aussi perdu 50% de sa clientèle. « La plupart des gens riches ont quitté l’Afghanistan. En Afghanistan, on dit que "le village se porte bien lorsqu’il y a des arbres". Sans les gens riches ou qui ont une bonne situation, on ne peut pas faire de bonnes affaires », explique-t-il. Il peine à maintenir son affaire à flot. « Les gens qui sont restés ici sont pauvres. On leur fait donc crédit. Et on a des clients qui nous doivent de l’argent, mais qui ont quitté l’Afghanistan. » Les chefs d’entreprise subissent aussi de plein fouet les sanctions internationales.  Jalil Ahmad Karimi est producteur de safran. L’or rouge est la fierté de la province d’Hérat, mais il a perdu 80% de son chiffre d'affaires. « Avant, on envoyait nos produits par avion directement en Inde, en Chine, en Europe ou aux États-Unis. Maintenant, c'est compliqué parce qu’on doit tout envoyer par la route en Iran et ensuite expédier les colis vers d'autres pays. » Il n’a pas le choix, car les transporteurs internationaux ont fermé leurs portes en Afghanistan. Jalil Ahmad Karimi n’a perçu aucune rentrée d’argent en un an. Et il attend depuis plusieurs mois l’équivalent de 334 000 euros d’un client basé en Inde à qui il a fait parvenir 200 kilogrammes de safran. « Comme l’État afghan n’est pas reconnu, les virements bancaires en provenance de l’étranger sont interdits », rajoute-t-il. Najibullah Khairandish Fushanji, lui, importe en gros de la farine du Kazakhstan, de l'huile de Malaisie, du lait et des conserves de Chine, du riz du Pakistan et d’Inde. Mais en plus des sanctions internationales, l’inflation due à la guerre en Ukraine et la crise économique en Iran et au Pakistan ont un impact direct sur son activité. Néanmoins, il souligne quelques points positifs : « On payait 200 000 afghanis aux douanes, soit 2 200 euros pour chaque camion chargé de marchandises. C’était du bakchich. Rien n’était légal. Maintenant, chaque produit est taxé selon une grille tarifaire. Tout est désormais légal ». Comme de nombreux chefs d’entreprise, il n’espère qu’une chose, la reconnaissance diplomatique de l’Émirat islamique d’Afghanistan, qui signifierait la levée des sanctions internationales.
    8/15/2022
    2:32

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