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RFI - Invité Afrique

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  • Élections au Kenya: «Les alliances politiques sont dictées par le pragmatisme et une volonté de survie»
    Les Kényans se rendent aux urnes demain mardi pour des élections présidentielle, législatives et locales. Après deux mandats, le président sortant Uhuru Kenyatta n'a pas eu la possibilité de se représenter. Le scrutin est donc dominé par deux figures : celles du vice-président William Ruto et de l'ancien opposant Raila Odinga qui se retrouvent, en raison des jeux d'alliance, dans des postures inattendues. Le président sortant soutient en effet son ancien opposant contre son vice-président. D'où vient cette surprenante entente ? Quelles ont été ses conséquences sur la campagne ? Décryptage avec Nicolas Delaunay, du bureau de l'ONG International Crisis Group à Nairobi. La configuration de cette élection est inhabituelle puisqu’on a un président Uhuru Kenyatta, qui ne peut pas se représenter, mais qui a lâché son vice-président William Ruto pour soutenir de manière explicite un troisième personnage : l'ancien opposant, Raila Odinga. Qu’est-ce qui explique cette rupture ? C’est vrai qu’on se retrouve dans une situation qui est totalement inédite dans l’histoire politique kenyane, avec d’un côté Raila Odinga, qui est une figure historique de l’opposition au Kenya, et qui mène campagne quasiment comme le candidat du pouvoir, vu qu’il est soutenu par le président sortant... Et de l’autre, on a William Ruto, qui est le vice-président sortant et qui, par la force des choses, a presque endossé le rôle de candidat d’opposition. Je pense qu’il faut d’abord comprendre que les alliances politiques au Kenya sont souvent dictées par le pragmatisme et une volonté de survie politique et économique de la part des élites, et beaucoup moins par l’idéologie. Ce sont des alliances qui bougent assez régulièrement. Après, sur les raisons précises de la rupture entre les deux hommes, c’est beaucoup plus flou. Des sources au sein du camp Kenyatta avancent qu’ils étaient préoccupés par les accusations de corruption qui ont marqué la carrière politique de William Ruto. Le camp Kenyatta a également annoncé que William Ruto voyait d’un très mauvais œil le rapprochement qui avait été opéré entre Uhuru Kenyatta et Raila Odinga début 2018. Des sources au sein du camp Ruto avancent que le camp Kenyatta et la famille Kenyatta voient en fait une présidence Ruto beaucoup trop imprévisible, et que leur intérêt économique et politique serait mieux servi par une présidence Odinga. Le sortant Uhuru Kenyatta n’est donc pas candidat à cette élection parce qu’il n’avait pas constitutionnellement droit à un troisième mandat. Est-ce que son ombre tout de même a plané d’une manière ou d’une autre sur la campagne ? L’ombre d’Uhuru Kenyatta a indéniablement plané sur cette élection, on sent qu’il y a une véritable volonté de la part du président sortant de modeler d’une manière ou d’une autre sa succession, tout simplement parce qu’il soutient ouvertement un des deux candidats. Donc ça veut dire qu’il est visible publiquement : il s’affiche, il fait campagne en faveur de Raila Odinga et donc forcément, il occupe un grand espace politique dans cette campagne. Quelles sont les questions qui préoccupent le plus les Kényans à la veille de ce scrutin ? Très clairement, c'est la hausse du coût de la vie. Le Kenya, comme beaucoup d’autres pays, subit toujours les conséquences du ralentissement économique dû à la pandémie du Covid-19, ainsi que la hausse du prix des marchandises, des denrées alimentaires en raison de la guerre en Ukraine. De plus, le nord du Kenya, comme une bonne partie de la Corne de l’Afrique, fait face actuellement à sa pire sécheresse en 40 ans, donc ça a forcément des conséquences sur la santé économique du Kenya. Un autre des sentiments qui prédominent, c’est qu’il y a une sorte de fatigue de la part de l’électorat vis-à-vis des jeux d’alliances des élites politiques. Les candidats ont du mal à convaincre l’électorat qu'ils comprennent vraiment leur situation et on note ce désintérêt de la part des électeurs, notamment auprès des jeunes électeurs qui ne se sont pas inscrits en nombre sur les listes électorales. Et à la veille de ce scrutin, qu’est-ce que vous retenez de la campagne qui vient de se dérouler ? Je retiendrai ce qui me semble être un développement positif pour la scène politique kényane : c’est que la rhétorique de la campagne électorale a été beaucoup moins tournée vers la mobilisation des groupes ethniques en tant que blocs électoraux, et a beaucoup plus porté sur d'autres questions, avec notamment William Ruto qui a beaucoup joué sur la dynamique de l’anti-establishment, en quelque sorte, en jouant sur ses origines beaucoup plus modestes. Qu’est-ce qui explique qu’on ait assisté à ce changement de registre, est-ce que c’est cette configuration politique complètement neuve dont on parlait il y a un instant ? Je pense qu’indirectement, le revirement d’Uhuru Kenyatta a en quelque sorte redistribué les cartes de la politique kényane. Uhuru Kenyatta, qui est issu de la communauté Kikuyu, et Raila Odinga, qui est issu de la communauté Luo, qui sont des rivaux historiques, se sont retrouvés dans une alliance que certains pourraient même qualifier de contre-nature, et c’est ça qui a complètement redistribué les cartes. On se souvient qu’en 2007-2008, les élections avaient conduit à une crise politique, à de très graves violences... Est-ce que le contexte s’est apaisé depuis, ou est-ce qu’il reste inflammable ? Je pense que la situation a beaucoup évolué depuis 2007. On ne peut pas comparer ce qui s’est passé à l’époque et les risques qui existent pour cette élection. On ne peut pas tout prédire, et je pense qu’il faut souligner qu’en 2007-2008 il y avait peu de gens qui avaient prédit l’ampleur des violences qui avaient frappé le Kenya... Je pense malgré tout qu’il est très improbable qu’on ait affaire à des violences d’une telle ampleur. Je pense que les éléments qui ont évolué, notamment, c’est que le Kenya s’est doté à la suite de ces violences d’une nouvelle Constitution. Il y a un certain niveau de décentralisation qui a permis de réduire l’enjeu de l’élection présidentielle, les institutions ont été renforcées, parfois de manière très imparfaite, mais on voit par exemple que les institutions judiciaires ont acquis un certain niveau d’indépendance. En 2017, la Cour suprême avait invalidé le résultat de l’élection présidentielle et avait ordonné qu’un nouveau scrutin soit organisé. Cette Cour suprême a atteint un niveau d’indépendance qui lui a permis de prendre une décision qui n’était pas forcément favorable au pouvoir. Autre chose : on a vu très peu de déclarations incendiaires ou chargées d’un point de vue communautaire, et dès qu’il y a eu des déclarations de ce type, elles ont tout de suite été condamnées par les candidats William Ruto et Raila Odinga. Ce qui reste malgré tout inquiétant, c'est que le vote est vu comme un enjeu existentiel pour les élites politiques, qui sont aussi des élites économiques, et donc verraient une défaite comme une catastrophe pour leur survie politique et économique.
    8/8/2022
    5:29
  • Vincent Biruta: «Ce qui est visible, c'est la présence du FDLR avec une idéologie génocidaire»
    Le Rwanda répond au rapport des experts des Nations unies. Selon une enquête qui a fuité dans la presse cette semaine, Kigali aurait déployé des centaines de soldats dans l'Est de la République démocratique du Congo, et ce depuis novembre. Les Rwandais soutiendraient aussi les rebelles du M23. Hier sur notre antenne, Christophe Lutundula, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, a accusé le Rwanda d'avoir violé la souveraineté du Congo et demande à la communauté internationale de prendre des sanctions. Ce matin, réponse de son homologue, le chef de la diplomatie rwandaise, Vincent Biruta. Ce dernier explique ne pas avoir lu le rapport mais il émet déjà des doutes sur son impartialité. Comment réagissez-vous à ce rapport de l’ONU ? Vincent Biruta: J’ai entendu que le Rwanda était accusé d’être intervenu auprès du groupe M23 en RDC. J’espère que les experts ont pu fonder un rapport basé sur des faits, et si les experts n’ont vu que les soldats rwandais, n’ont pas pu voir les membres des FDLR, n’ont pas pu rapporter sur la collaboration des FDLR et des forces armées de République Démocratique du Congo. Si les drones qu’ils ont utilisés ont vu des soldats Rwandais et n’ont pas pu identifier les pièces d’artillerie qui ont bombardé le territoire rwandais à partir de la RDC le 19 mars, 23 mai et le 10 juin. Si les experts n’ont pas pu rapporter sur les discours de haine qui ont été diffusés ces derniers temps par les dirigeants du gouvernement, les membres de la société civile, et par des individus congolais, il y aurait un problème. À l’aide d’images de drones, de multiples photos, de vidéos, de témoignages, les enquêteurs affirment avoir des preuves solides montrant que l’armée rwandaise est présente dans l’Est du Congo, depuis novembre dernier. Est-ce que vous confirmez la présence de vos soldats au Congo ? Je ne confirme rien. Mais je dis bien qu’un rapport comme celui-là, si les experts ont fait leur travail, ils devraient aussi avoir regardé tous les côtés et avoir vu aussi la collaboration entre les FDLR et les FARDC, les pièces d’artillerie qui ont bombardé le territoire rwandais à partir du territoire congolais à trois reprises. J’imagine que les experts ont pu aussi enquêter sur les FDLR, qui sont la cause de tous les problèmes que vous voyez, le M23 je ne crois pas que ce soit la cause des problèmes, c’est une conséquence des problèmes de l’exportation de l’idéologie génocidaire par les FDLR qui ont attaqué les populations congolaises et en ciblant des communautés particulières, c’est cela qui a fait qu’il y a eu des groupes successifs qui ont été créés par les uns et les autres pour se défendre contre les FDLR.  À l’Est de la RDC il y a plus de 130 groupes armés, le groupe des experts s’intéresse particulièrement à un seul, ils font des efforts énormes pour les relier au Rwanda et ils pensent qu’ils ont découvert quelque chose d’énorme. Là c’est grave, la chose énorme qui aurait pu être découverte, qui est visible c’est la présence des FDLR avec l’idéologie génocidaire. C’est comme un médecin qui irait traiter des symptômes sans se soucier de la cause de la maladie. Pourtant le rapport s’attarde beaucoup sur le cas du M23. Le rapport affirme que les militaires rwandais soutiennent, en matériel et en armes, les rebelles du M23. Est-ce que c’est vrai ? Nous, nous allons commenter ce rapport sur la base des éléments qui sont présentés dans ce rapport, quand nous aurons reçu ce rapport. Maintenant que j’aille me prononcer sur base des éléments qui ont été présentés dans ce rapport qui n’a pas été soumis officiellement, mais dont une fuite a été organisée pour des raisons qui sont connues par les experts qui ont organisé cette fuite, ce serait dangereux, ce serait m’aventurer dans des spéculations qui ne contribueraient pas nécessairement à résoudre la question d’insécurité dans notre sous-région. Le rapport montre aussi la collaboration entre l’armée congolaise et divers groupes armés, que soldats congolais et miliciens ont combattu ensemble le M23 et les soldats rwandais, que les FARDC ont donné des armes et des munitions à ces mouvements.  Comment réagissez-vous à cela ? Nous, nous avons dénoncé depuis le début la collaboration entre les FARDC et le FDLR et il y a des preuves que les experts ne voient rien, que la Monusco qui est présente sur le terrain tout le temps ne voit rien pendant 20 ans, c’est un problème donc c’est un rapport qui devrait être biaisé et qui avait pour objectif d’incriminer le Rwanda. Sur cette collaboration entre armée congolaise et FDLR dont vous estimez avoir des preuves, qu’est-ce que le Rwanda demande dans ce dossier ? Nous demandons que la communauté internationale et le gouvernement congolais s’occupent de la question des FDLR et d’autres groupes armés qui déstabilisent la région. Tous ces groupes armés avec l’idéologie génocidaire et qui ont le plan de déstabiliser le Rwanda et de continuer ou de terminer le génocide qu’ils n’ont pas pu terminer d’après eux, là c’est notre souci majeur. Tant que ce problème ne sera pas résolu, tant que la communauté internationale et le gouvernement congolais ne vont pas être sérieux avec ce problème. En tout cas les relations entre la RDC et le Rwanda vont continuer à être perturbées. Dans ce contexte-là, est-ce que les négociations avec la RDC sous médiation de l’Angola, sont mortes ? Non, pas mortes en ce qui nous concerne. On est disposé à contribuer positivement aux mécanismes régionaux qui sont en place et je rappelle que le processus de Nairobi comprend deux composantes : il y a un processus politique et puis il y a une intervention militaire, et rien n’empêche qu’un processus politique soit mis en marche même maintenant, mais rien n’empêche qu’aujourd’hui le gouvernement congolais parle aux différents groupes armés, dont le M23 qui a signé des accords déjà en 2013 avec le gouvernement congolais qui n’ont pas été mis en œuvre. Donc je demanderai que le processus politique que les chefs d’Etats ont recommandé à Nairobi se mette en marche, et rien ne l’en empêche, ce qui l’empêche c’est peut-être le manque de volonté politique de la part du gouvernement congolais. J’imagine que ce processus politique pourrait aussi trouver une solution aux dizaines de milliers de réfugiés congolais qui viennent de passer au Rwanda et en Ouganda plus de 20 ans. On traite la question du M23 mais le M23 ils ont repris les armes pourquoi ? Je rappelle encore une fois que le M23 est un mouvement congolais composé peut-être d’une grande majorité de Congolais qui parlent le kinyarwanda, et s’ils parlent le kinyarwanda c’est à cause de l’histoire, ce n’est pas eux qui sont à l’origine de ce problème. Et donc si on veut une solution durable, il faut regarder tous ces problèmes à la base de la situation d’insécurité dans notre sous-région. Pour que les choses aillent mieux, la RDC demande que le Rwanda cesse de violer sa souveraineté, d’envoyer des soldats sur son territoire et de soutenir le M23. Comment réagissez-vous à cela ? Le principe de souveraineté s’applique aussi bien à la RDC qu’au Rwanda. Quand on entretient des groupes armés comme les FDLR pendant des dizaines d’années, quand les FRDC s’associent avec les FDLR qui bombardent les territoires rwandais, une, deux, trois fois, ça c’est une violation de notre souveraineté nationale, c’est une violation de l’intégrité territoriale, il faut commencer par respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale des voisins. Après le rapport ne parle pas de soldats congolais entrés au Rwanda mais plutôt de centaines de soldats rwandais entrés au Congo depuis novembre… Ecoutez, que ce soit 10, 20, 30, ça ne compte pas. Moi je vous dis, il y a des attaques sur le territoire rwandais à partir du territoire congolais. Et il y a eu des FDLR qui collaborent avec les FARDC qui se sont infiltrés sur notre territoire au mois de novembre 2021, ça c’est la dernière attaque, et qui ont tué des citoyens rwandais, c’est une violation de la souveraineté, c’est une violation de notre intégrité territoriale, et c’est une menace à la sécurité de notre pays et donc tout cela ça doit être pris en sérieux, ce n’est pas une question de dizaine, vingtaine, centaine, ça, ça importe peu.
    8/7/2022
    7:30
  • RDC: «La communauté internationale doit sanctionner le Rwanda», selon le ministre Christophe Lutundula
    Le Rwanda a bien déployé des soldats dans l'est de la République démocratique du Congo. Kigali soutient les rebelles du M23, ce sont en tout cas les conclusions des experts des Nations unies sur la RDC dévoilées en milieu de semaine. Nous revenons sur le contenu de leur rapport avec notre invité, Christophe Lutundula, ministre des Affaires étrangères de la RDC. Comment réagissez-vous au rapport de l’ONU sur la présence des soldats rwandais dans l’est du Congo et leur soutien au M23 ? Ça ne nous surprend pas, c’est ce que nous avons toujours dit. Quiconque veut connaitre la vérité objective, elle est là. Ce qu’il reste à faire maintenant, c'est que le Conseil de sécurité examine le rapport et en tire toutes les conséquences en terme de sanctions, en terme d’accompagnement actif de la RDC pour éradiquer le cancer des groupes armés, accompagner les efforts de l’Union africaine, de la Communauté d’Afrique de l’Est et de la CIRGL, pour obtenir que le M23 se retire des localités occupées. Il reste aussi que l’Union africaine tire aussi les conséquences de ce rapport, il reste également que toutes les organisations sous régionale se comportent de la même manière. C’est dans ces conditions-là que ce rapport va servir comme il se doit et aider à mettre fin à  l’insécurité qui règne dans la région des Grands Lacs. Vous attendez des sanctions de la part de la Communauté internationale, et si oui, quelles sanctions attendez-vous ? Oui, des sanctions, autrement le rapport aurait servi à quoi ? S’il n’y a pas de sanctions, on crée un précédent fâcheux et la tentation sera toujours forte de suivre ce mauvais exemple. Est-ce que le Congo lui-même pourrait prendre des sanctions contre Kigali ? Nous avons déjà suspendu la coopération et la mise en œuvre de tous les accords et ce qui est des engagements que nous avions pris. Nous n’avons pas l’intention de revenir sur des mesures qui sont déjà prises, parce que nos conditions de retour de la confiance ne sont pas réalisées. Dans tous les cas, la coopération avec un pays qui viole l’intégrité territoriale, la souveraineté de notre pays, ne peut se faire de n’importe quelle manière. Il faut que les conditions soient créées et je ne pense pas qu’aujourd’hui ces conditions s’apprêtent. Vous pourriez aussi décider de prendre des mesures de rétorsion supplémentaire : renvoyer l’ambassadeur rwandais, rappeler votre propre ambassadeur à Kigali, renforcer les contrôles aux frontières, des mesures économiques… Est-ce que cela est en réflexion, est-ce que cela est possible ? Tant que la situation perdure, tout est ouvert. Ce qui est fait est gravissime, aucun État ne peut admettre cela, ça, c'est clair. Est-ce que vous attendez un message de la part de Kigali, des regrets par exemple ? Ou des excuses ? Des excuses bien sûr ! Quand on a mal fait, il faut s’excuser, et surtout, il faut réparer. Réparer ici, c’est d’abord faire en sorte que tous ceux qui bénéficient du soutien du Rwanda pour perturber la RDC, tout acte de violation de notre intégrité territoriale, cessent définitivement. Cela est possible à n’importe quel moment, c’est au Rwanda de savoir ce qu’il veut. Pour notre part, nous continuerons à défendre l’intégrité territoriale. Le président Tshisekedi porte un grand intérêt à cette lutte-là et c’est pour ça qu’il a tendu une main fraternelle à tous nos voisins, le Rwanda, l’Ouganda, parce qu’on ne parle pas de l’Ouganda. Là aussi, il y a des réglages qu’il faut faire. Justement oui, le rapport parle de la passivité des soldats ougandais laissant les militaires rwandais entrer au Congo sans réagir. Est-ce que l’Ouganda joue un double jeu selon vous ? C’est clair, je n’ai pas la langue de bois ! La passivité est considérée aussi comme une attitude qui favorise, ce que nous déplorons. Il n’y a pas de neutralité dans ce type de comportement, soi-disant, de neutralité. Ce n’est pas admissible. Dans tous les cas, nous n’avons jamais voulu avoir des rapports conflictuels avec nos voisins, il faut qu’eux comprennent que ce que nous voulons, c’est le partenariat, c’est la paix, la sécurité. Est-ce que vous demandez au président Ougandais Museveni de sortir de son ambiguïté dans cette affaire ? Ça ne peut que servir à nous tous. L’ambiguïté, c'est comme la complicité par le silence ou l’indifférence. Des négociations sont en cours avec le Rwanda, sous médiation de l’Angola, est-ce que le Congo peut négocier avec un pays qui refuse de reconnaitre notamment cette réalité prouvée par l’ONU ? Le processus de Luanda a été engagé. Je pense que ce rapport doit être considéré comme un élément qui aide à la solution de la crise de confiance, qui aide à la solution de la crise sécuritaire que nous connaissons à l’est de notre pays. Nous demandons au président Lourenço de l’utiliser à bon escient. Nous demandons au Rwanda d’en tirer toutes les conséquences et de se comporter de manière à favoriser le retour de la confiance entre lui et la RDC. Le dialogue ne vaut que quand il y a confiance, quand on a créé ces conditions. Nous avons dit « il faut que le M23 quitte le territoire, nos localités qu’elle occupe, il faut que le Rwanda cesse d’apporter son soutien aux groupés armés et au M23, il faut que nous jouions cartes sur table et qu’on tienne compte absolument des intérêts du peuple congolais ». Si toutes ces conditions sont réunies, nous n’avons aucune raison de ne pas prendre langue avec les quelconques de nos voisins qui peut parler avec nous, c’est clair. Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken sera dans quelques jours à Kinshasa, puis à Kigali, qu’attendez-vous de lui et des Américains ? Nous attendons qu’au-delà des déclarations, il y ait une application active de faire en sorte que plus jamais nous puissions avoir à parler encore des interférences dans les affaires intérieures du Congo et qu’il y ait une attitude plus positive, plus respectueuse de notre souveraineté et de notre intégrité territoriale. Je crois que les États-Unis ont un rôle à jouer pour le bien de notre partenariat. Kinshasa a demandé la réévaluation du calendrier du retrait de la Monsuco, qu'entendez-vous par réévaluation ? Nous avons conclu un programme de retrait progressif responsable. Maintenant, il y a eu des faits nouveaux, en tout cas à la demande politique forte des populations congolaises de voir la Monusco se retirer du territoire national et nous laisser assumer totalement nos responsabilités en tant que peuple et en tant que gouvernement. C’est légitime, donc la réévaluation devrait, en tenant compte de l’évolution de la situation actuelle, de la demande forte du retrait Monusco et du fait que la Monusco n’a pas pu être en mesure, en tout cas n’a pas eu peut-être comme ils disent les moyens d’accomplir toutes ses missions, nous avons convenu qu’elle se retire de la RDC d’ici au plus tard 2024. Et donc la réévaluation devait nous amener à reconsidérer cet échéancier dans le sens de l’écourter et de nous amener également à accélérer le processus du retrait de la Monusco pour que la RDC assume totalement les responsabilités dans la sauvegarde de l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la souveraineté de notre pays. En tout cas pour nous le plus tôt serait le mieux. Dans le rapport des experts de l’ONU, vous avez bien vu que la Monusco a fourni notamment des images de drones aux experts de l’ONU. La Monusco prouve ici son utilité, est-ce que ce n’est pas contradictoire de demander son départ ? Ce n’est pas contradictoire, si cela avait été fait tôt, peut-être que ça nous aurait évité certaines conséquences que nous déplorons aujourd’hui. Ensuite le retrait de la Monusco, c’est dans l’ordre normal des choses. Il n’y a pas une crise entre la RDC et les Nations unies. Donc il n’y a pas à dramatiser, c’est dans l’ordre normal et vous savez que dans d’autre pays à travers le monde et l’Afrique, on a eu à un moment donné à réclamer que l’on assume nos responsabilités sur le plan national.
    8/6/2022
    8:04
  • Élections au Sénégal: «L'opposition, à travers Sonko, a su cristalliser l'ensemble des revendications»
    Les résultats provisoires des élections législatives sénégalaises placent donc pouvoir et opposition au coude-à-coude. Quatre-vingt deux députés pour le camp présidentiel, 80 pour la coalition de l'opposition, et trois petits partis qui prennent une place inattendue dans le jeu politique en devenant de potentiels faiseurs de majorité. L'opposition, en tout cas, réalise une véritable percée. Comment l'analyser ? Quels sont les scénarios politiques envisageables après de tels résultats ? Le chercheur en sciences politiques Moussa Diaw, de l'université de Saint-Louis, répond aux questions de RFI. Ces résultats provisoires montrent un recul très fort de la majorité présidentielle, Benno Bokk Yakaar, qui perd 43 sièges. Comment est-ce que vous analysez ce recul ? Ce recul est dû à plusieurs facteurs, d’abord le contexte international, avec les effets de la crise ukrainienne sur l’alimentation, ensuite le contexte interne, national avec la cherté des produits de première nécessité et puis l’absence de perspective pour les jeunes. Il y a un sujet aussi qui a été largement débattu, exploré par l’opposition, c’est la criminalisation de l’homosexualité. Ces sujets donc ont été débattus. Sonko, qui est en tête de l’opposition, a su cristalliser l’ensemble des revendications autour de ces thématiques. Celles-ci ont porté parce que les jeunes se sont mobilisés massivement pour aller voter. Pour autant, pouvoir et opposition sont au coude à coude, 82 sièges pour Benno, 80 pour l’alliance Yewwi Askan Wi / Wallu Sénégal. Est-ce qu’on se dirige vers une période de recours ou une période de séduction pour gagner le ou les députés qui permettront d’atteindre la majorité absolue à 83 sièges sur 165 ? Oui, tout à fait, il va y avoir ces deux aspects. Il va certainement y avoir un recours qui va être déposé par l’opposition au regard d’un certain nombre de soupçons de fraudes, concernant certaines localités... et en même temps il va y avoir justement des négociations auprès des leaders politiques qui aujourd’hui n’ont obtenu qu’un député et qui vont servir d’arbitres, il s’agit de Aar Sénégal, de Bokk Gis Gis et des Serviteurs. Ces trois-là se considèrent dans l’opposition, mais maintenant il reste encore des négociations qui vont avoir lieu. Vont-ils partir ou vont-ils rester ? C’est ça, la grande question. Dans tous les cas, c'est eux qui vont faire l’arbitre dans le cadre de l’Assemblée nationale du Sénégal. Ces trois partis qui jouent un peu le rôle de pivot dans la constitution d’une majorité dans la prochaine assemblée sénégalaise, sont plutôt proches de l’opposition ? Pendant la campagne, Ousmane Sonko avait fait des critiques à leur encontre pour savoir quelle est leur position, est-ce qu’ils sont dans l’opposition ou bien dans la majorité, parce qu’ils n’arrêtaient pas de l’attaquer personnellement. C’est à ce moment-là qu’ils ont répondu qu’ils étaient dans l’opposition, et qu'il n’y avait pas de raison qu’ils quittent l’opposition. Mais maintenant, est-ce qu’ils vont confirmer ce qu’ils ont annoncé, ou bien vont-ils céder à des pressions, ou bien à des propositions alléchantes de la majorité. En tout cas, on peut imaginer qu’ils seront très largement courtisés dans les jours qui viennent... Est-ce que la transhumance politique est aussi quelque chose qu’on peut attendre dans les jours qui viennent ? Est-ce qu’on peut imaginer que certains élus de Yewwi Askan Wi rallient Benno Bokk Yakaar ? C’est une question qui mérite d’être posée, mais les citoyens l’ont réglée pendant ce scrutin, parce qu’on a constaté que des transhumants nouveaux qui étaient élus sous la bannière de partis de l’opposition et qui avaient rallié la majorité... tous ces transhumants ont été battus, et donc ça montre bien que les citoyens ne supportent pas ce comportement de transhumance. La sanction est tombée. Est-ce que vous diriez que ces élections législatives ouvrent le jeu politique pour les présidentielles de 2024 ? Oui, ça ouvre le jeu. Si Macky Sall veut briguer un troisième mandat ça va être très compliqué pour lui. Les leaders qui se sont exprimés pendant la campagne, ont montré leur capacité de mobilisation, c’est vrai que ça va rendre complexe les rapports de force, mais c’est ça la démocratie, les acteurs vont se positionner et les Sénégalais vont se déterminer au moment opportun.
    8/5/2022
    7:24
  • Attaques rwandaises en RDC: «Les Nations unies ont reconnu ce que nous disons depuis des années»
    Dans l'est du Congo-Kinshasa, l'ONU confirme que, depuis dix mois, l'armée rwandaise lance des attaques, certaines fois directement, d'autres fois aux côtés des rebelles du M23. Réaction d'une figure de la société civile congolaise, le professeur de sciences politiques Alphonse Maindo qui enseigne à l'université de Kisangani et à l'université Paris 1. C'est aussi un défenseur des droits de l'homme qui a failli être arrêté, il y a deux mois, par les autorités militaires de Kisangani. De passage à Paris, il répond aux questions de RFI. Quelle est votre réaction à ce rapport des Nations unies sur le M23 ? Je suis tout à fait satisfait du fait que finalement, les Nations unies ont reconnu ce que nous avons toujours dit depuis de longues années. Avec d’autres collègues, avec le professeur Denis Mukwege, on a toujours dit qu’il y a une présence de forces armées rwandaises en RDC. Mais là, on est content que finalement, on soit entendus, et à mon avis, le fait qu’il y ait eu autant de mobilisation contre la Monusco ces derniers temps ne peut pas être étranger à ce que ce rapport soit publié en ce moment. Maintenant, c'est à nous, Congolais, de pouvoir nous saisir de ce rapport et de tirer toutes les conséquences, parce que le gouvernement congolais ne semble pas comprendre les enjeux qu’il y a derrière ça et continue à traiter avec un pays qui nous agresse et qui tue nos frères et nos sœurs, qui pille nos ressources. Il y a des mesures simples à prendre : entre autres fermer les frontières, renvoyer l’ambassadeur du Rwanda, et je rappelle que l’économie rwandaise dépend presque à 50% des ressources du Congo, donc si nous coupons toute coopération économique, ou bien commerciale avec le Rwanda, eh bien, il est fort à parier que ce pays sera asphyxié et on va faire la paix. Vous parlez de la Monusco, c’est justement grâce à des vidéos de drones fournies par la Monusco que l’ONU a pu prouver la présence de troupes rwandaises, notamment lors de la chute de la ville congolaise de Bunagana. Est-ce que cette information peut rendre l’opinion publique congolaise un peu moins hostile à l’égard des Casques bleus de la Monusco ? Je pense que ça peut contribuer, même si ça ne peut pas rendre vraiment moins hostile, mais au moins ça peut contribuer à améliorer l’image que l’on a de la Monusco, que la Monusco ne fait pas que se tourner les pouces et qu’elle fait aussi son travail, pas seulement un travail de combat, mais aussi un travail d’observation, de renseignements utiles pour permettre aux uns et aux autres de savoir ce qui se passe. À la suite des affrontements entre manifestants et Casques bleus qui ont fait 36 morts ces dernières semaines dans l’est de votre pays, le gouvernement veut accélérer le retrait de la Monusco du Congo, un retrait qui devait s’échelonner initialement jusqu’en 2024. Qu’en pensez-vous ? Je pense que c’est une grosse erreur stratégique de la part de notre gouvernement de vouloir accélérer le départ de la Monusco, parce que ce départ va créer un vide immense, parce qu’en face on n’a pas des forces armées en capacité de faire face aux menaces que nous avons là, ce départ va nous créer des troubles encore plus graves. Et je rappelle que nous avons déjà connu une situation similaire dans la région au Rwanda en 1994 lorsque la Minuar (Mission des Nations unies au Rwanda) avait été contrainte de partir dans la précipitation et l’on connait la suite, l’horreur absolue, le génocide rwandais. Et je sais que pour des raisons tout à fait politiques, le régime en place voudrait ne plus avoir de témoin gênant, comme l’est la Monusco, pour pouvoir organiser un chaos pour les élections, pour tricher massivement, sans qu’il y ait quelqu’un pour témoigner de ce qui se passera. Donc j’en appelle à la conscience de nos dirigeants, et à la mobilisation de notre peuple pour qu’il n’y ait pas de vide, pour éviter que le départ de la Monusco puisse se faire dans le désordre, dans la précipitation. Il y a deux mois, vous avez été victime d’une tentative d’arrestation par les militaires à votre domicile de Kisangani, mais après la mobilisation de vos collègues enseignants et de vos étudiants, les militaires y ont renoncé. Pourquoi êtes-vous dans leur viseur ? Alors en réalité, je ne suis pas seulement dans le viseur des militaires, je suis dans le viseur du régime en place, parce que je suis militant des droits humains, donc nous sommes en train de dénoncer les crimes qui sont restés impunis depuis de longues années et il se fait que parmi les gens qui sont aujourd’hui aux affaires, il y a un certain nombre de gens qui sont présumés auteurs ou qui sont vraiment cités dans différents rapports, comme le rapport Mapping, comme étant les auteurs de ces crimes les plus graves. Et ce n’est pas un hasard que cette tentative d’arrestation se soit passée le 10 juin qui était donc la date anniversaire de la fin de la Guerre des six jours qui avait opposé, au plus fort de la guerre en juin 2000, les Rwandais et les Ougandais à Kisangani, entrainant plus de 1000 morts, et j’ai fait une conférence à l’amphithéâtre de Kisangani, le 6 juin dernier, pour dénoncer cette situation, j’ai dit qu’il y avait encore des gens qui étaient dans l’impunité et qui narguaient leurs victimes, puisqu’il y en a qui sont encore aux affaires, y compris dans la ville de Kisangani. Ainsi, il se trouve qu’on a là un des officiers qui a participé à ces opérations en 2000 qui est commandant de la 31eme région militaire, donc on comprend bien que ce type de discours ne puisse pas leur faire plaisir. Alors suite au massacre des années 1996-2003 dans votre pays, vous réclamez, comme le Docteur Mukwege, le prix Nobel de la Paix, la création d’un tribunal pénal international sur le Congo, mais est-ce que vous ne criez pas dans le désert ? Bah non, parce que, quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours par se lever. Et je rappelle par exemple que le génocide arménien a pris un siècle avant d’être reconnu et donc nous, pour le Congo, nous ne sommes pas encore à un siècle, nous sommes simplement à un quart de siècle. Nous n’allons pas nous lasser et donc c’est pour ça que je pense qu’il faut qu’on puisse avoir quelqu’un qui croit en ce combat, et cet homme, c'est le prix Nobel de la Paix, Denis Mukwege, qui est pressenti pour être candidat aux élections de 2023, nous pensons qu’il faut que cet homme-là puisse prendre les devants avec des réformes profondes de notre gouvernance, de notre système de sécurité pour que le pays joue ce rôle majeur qu’il doit jouer en Afrique centrale, être la locomotive qui permettrait le développement du continent.
    8/5/2022
    5:38

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