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  • Assimi Goïta: le jour de gloire
    Et si la popularité apparente du colonel Assimi Goïta se nourrissait des tensions et autres rivalités fréquentes avec Paris ? Le taciturne chef de la junte malienne se forge, sans mot dire, une image de résistant. Les slogans à sa gloire succèdent aux attaques en règle contre la France. Lors des manifestations organisées en réaction aux sanctions prises contre le Mali, la foule n’a cessé d’acclamer le nom du colonel Assimi Goïta. Certains intervenants l’ont même comparé à Thomas Sankara. Comment expliquer que la popularité du chef de la junte malienne va grandissante, au fur et à mesure que tombent les sanctions, ou que la communauté internationale s’emploie à démolir son action ? En politique, les pressions insistantes et les sanctions intempestives peuvent parfois aboutir à des effets pervers, à l’opposé des objectifs poursuivis. C’est un peu ce à quoi l’on assiste, au Mali. Le recours aux mercenaires est ce qu’il y a de plus désastreux, pour un État, quel qu’il soit. Mais, parce que c’est la France qui s’opposait à ce choix, une partie de la population malienne en est venue à considérer que si cela gêne la France, c’est donc une bonne chose pour le Mali. Vous avez vu à quelle vitesse les sanctions décidées par la Cédéao ont été présentées comme la conséquence d’une instrumentalisation des États ouest-africains par certaines puissances extérieures, en l’occurrence la France ! L’enjeu, pour Paris, est de prendre garde à ne pas se muer en allié objectif de la junte malienne. Chaque fois que la France s’élèvera contre une orientation prise par Bamako, une partie du peuple malien en déduira que c’est parce que ces dirigeants agissent pour le bien de leur pays. Peut-être est-il temps, pour Paris, de laisser Assimi Goïta face à son peuple, qui le jugera sur ce qu’il fait, et non plus sur les apparences de rivalités avec l’ancienne puissance colonisatrice. Il reste que ces sanctions auront des conséquences pour d’autres États ouest-africains. Oui, et c’est d’autant moins anodin que les importations et les exportations maliennes représentent le quart, sinon le tiers des activités de certains ports du golfe de Guinée. Plus largement, le poids des commerçants maliens est considérable, dans le chiffre d’affaires de certaines économies ouest-africaines, déjà affaiblies par les conséquences de la pandémie. Aucune aide extérieure ne pourra compenser un tel manque à gagner. Certains aspects de ces sanctions laissent cependant perplexes. Les textes qui régissent ces institutions autorisent-ils ce qui, vu de loin, donne l’air d’être une confiscation de fonds appartenant au peuple malien ? Par ailleurs, n’était-ce pas une maladresse, pour l’UEMOA, que de s’être invitée en terre ghanéenne pour décider de sanctions aussi importantes, surtout lorsque l’on connaît les réticences des anglophones par rapport à la Zone franc ? La manifestation contre les sanctions est devenue un meeting de soutien à Assimi Goïta, magnifié par le Premier ministre, paraît-il. Choguel Maïga est arrivé en tenue militaire et, d’emblée, a annoncé que le destin de l’Afrique se jouait, à l’instant, au Mali. Et d’égrener les soutiens qui leur arrivaient de partout… de toute l’Afrique, et de bien au-delà. Il a alors chanté les louanges d’Assimi Goïta, avec une ferveur telle que nul n’oserait questionner la sincérité de tant de révérence. « Nous n’avons peur que de Dieu et du peuple malien »… Fort heureusement, conclut-il, « Dieu et le peuple sont avec le gouvernement de transition ». Devant cette foule surexcitée, Place de l’Indépendance, les orateurs se succédaient, pour faire acclamer le nom du président-refondateur Assimi Goïta, que certains ont cité dans la lignée des héros de l’histoire millénaire du Mali, tels Sonni Ali Ber, ou l’Almamy Samory Touré. Où l’on apprend, pêle-mêle, qu’il n’y a plus de transition, que le pays est entré en Résistance, et même déjà dans une révolution, dans une refondation. « Peuple invincible. Peuple très intelligent ! Aujourd’hui, nous sommes 20 millions de militaires ! », clamera le Premier ministre. Difficile de distinguer le griot servile du partisan convaincu.
    1/15/2022
    4:31
  • Un substitut crédible à la Cédéao
    Un mot, pour commencer, un seul : Merci ! Merci à Sidney Poitier qui a tant représenté dans nos vies, dans l’histoire du cinéma. Jusqu’au fin fond de l’Afrique, nous étions fiers de ce qu’il était. Et il était aussi un Africain. Merci, Monsieur Sidney Poitier ! En début de semaine, le médiateur Good Luck Jonathan opposait une fin de non-recevoir aux cinq années de prolongation de la transition, annoncées par la junte malienne. Ce dimanche 9 janvier, à Accra, les chefs d’État de la Cédéao vont devoir trancher. Faudrait-il s’attendre à des sanctions lourdes ? Plus sûrement à de nouvelles menaces, sans lendemain… Ce feuilleton prend, par moments, une tournure folklorique. Vous avez entendu ce porte-parole de la junte suggérer que les cinq années n’étaient qu’une proposition. Une proposition ! À marchander, en somme. Comme au bazar ! Étant donné que la Cédéao elle-même s’accommode si facilement des coups d’État, qu’elle ne cesse d’entériner, les uns après les autres. Peut-être devrait-elle se montrer simplement conséquente et laisser Assimi Goïta assumer, le temps qu’il faut, son putsch. Il rendra des comptes, le moment venu, à ses concitoyens, s’ils en demandent. À peine cette Cédéao trouve-t-elle le courage de dire aux putschistes de nommer un Premier ministre civil, et de penser à revenir à l’ordre constitutionnel. Jamais elle n’oblige les putschistes à rétablir aussitôt le pouvoir civil renversé. La Cédéao peut aussi bien se ressaisir, après tout ! Sans vouloir offenser qui que ce soit, l’on devrait peut-être simplement rappeler que la Cédéao est née dans la tête de deux généraux putschistes : le Nigérian Yakubu Gowon, et le Togolais Gnassingbé Eyadéma. Moins de trois mois après la naissance de la Communauté, le général Gowon lui-même était victime d’un coup d’État. Il ne sert à rien de feindre d’ignorer l’incapacité de la Cédéao à prévenir les putschs à répétition qui surviennent en Afrique de l’Ouest. La communauté ploie sous les contradictions, les incohérences. Entre les États membres, il y a de telles disparités, et de telles différences entre leurs pratiques politiques. Entre les dirigeants, les dissemblances sont telles que l’on se demande parfois comment ils peuvent cohabiter au sein d’une même organisation. Peut-être que la Cédéao a touché son ultime port d’obsolescence. Il ne lui manquerait plus que le courage de se saborder. Se saborder ? Vous n’y pensez pas ! Seuls les grands ensembles sont viables dans le monde d’aujourd’hui ! Les grands ensembles qui manquent d’homogénéité et de cohérence ne grandissent aucun peuple. La Cédéao a même failli à sa mission première, qui est la libre circulation des personnes et des biens. Combien de chefs d’État ont, ces dernières années, au gré de leurs humeurs, de leur versatilité, fermé les frontières avec les pays voisins, sans fournir d’explications à quiconque, et sans que les autres chefs d’État ne les rappellent à leurs obligations ! D’ordinaire inaudible, lorsque se nouent, dans les pays, les conditions déterminantes des crises qui génèrent des coups d’État, la Cédéao n’en est plus, aujourd’hui, qu’à proférer des menaces de principe contre des putschistes qui l’ignorent. Il faut, évidemment, de l’audace, du courage, de la lucidité, une grande crédibilité, pour oser initier une plus parfaite organisation, à partir d’un noyau dur cohérent, homogène. Quitte à s’ouvrir ensuite aux autres, mais au fur et à mesure que ceux-ci répondent à des critères d’admission rigoureusement dressés. Ce n’est pas parce que l’on est voisin que l’on est forcément faits pour vivre ensemble. Les dirigeants qui sauront créer ce substitut crédible à la Cédéao entreront dans l’Histoire. Après tout, l’aspiration ultime des meilleurs, en politique, n’est-elle pas d’entrer dans l’Histoire ?
    1/8/2022
    4:07
  • Où sont donc les « Desmond Tutu » d’aujourd’hui ?
    Que reste-t-il comme figure charismatique et autorité morale à l'Afrique, après la disparition du Prix Nobel de la Paix 1984 ? Ne pas se poser la question, c'est fuir la réalité. C’est donc la dernière grande figure de son histoire que le peuple sud-africain porte en terre, ce 1er janvier 2022. Desmond Tutu s’était, certes, effacé devant Nelson Mandela, mais il était d’une toute aussi grande envergure, dites-vous. En quoi donc était-il comparable à Mandela ? On court toujours le risque de se perdre dans des considérations inconsistantes, lorsque l’on s’égare à vouloir comparer des personnalités d’une telle dimension. Desmond Tutu lui-même avait bien défini les rôles. A coups de références bibliques, il avait précisé, alors que Mandela venait de sortir de prison, que sa mission, à lui, était d’ouvrir la voie, d’aplanir le chemin, afin que puisse entrer en scène le véritable élu. Il n’empêche. Ce que le monde retient de l’unique mandat de Mandela, c'est le travail accompli par Monseigneur Tutu à la tête de la Commission Vérité et Réconciliation, pour panser les plaies, alors que l’on ne donnait pas cher de l’avenir de ce pays. Puisque nous ne sommes pas loin du trop plein d’éloges, aussi avisés que dithyrambiques, et certainement très beaux, peut-être vaudrait-il mieux s’interroger sur l’après-Desmond Tutu, en Afrique du Sud et sur tout le continent. Qui donc pleureront, demain, les Africains, comme ils pleurent aujourd’hui Desmond Tutu ? Quels Africains rassemblent, aujourd’hui, les qualités qui ont fait de l’ancien archevêque du Cap une telle icône, respectée sur tous les continents ? On trouvera bien quelques figures, même si elles n’ont pas toute la stature d’un Mgr Tutu !... C’est bien là tout le problème. Ce n’est pas un luxe, pour un peuple, d’avoir, par génération, quelques personnalités de cette envergure. Lorsque l’on n’en trouve pas, et que l’on doit se contenter… de deux classes en-dessous, c’est que la société stagne, pire, qu’elle recule. On ne demande à personne d’avoir accompli l’intégralité de ce qu’a réussi l’archevêque. Mais des femmes et hommes qui contribuent à élever la conscience, la fierté nationale, il en faut, pour avancer. Desmond Tutu avait à peine cinquante-deux ans lorsqu’il a reçu le Prix Nobel de la Paix pour son implication contre l’injustice que subissait son peuple, les innombrables sacrifices consentis au péril de sa liberté, parfois même de sa vie. Et jusqu’à son dernier souffle, il n’a cessé de mettre cette notoriété au service de l’Afrique. Peut-être que quelques icônes surgiront, au fil des événements, au tournant de l’Histoire… Il se trouve que dans ce domaine en particulier, tout ce qui relève de la génération spontanée est suspect et souvent éphémère. Bien sûr que des Africains rêvent du destin de Desmond Tutu. Mais, planifier sur son ordinateur comment devenir une telle icône est une imposture. Car le chemin, pour parvenir à ces cimes, implique constance et persévérance. Et puis, devenir un Desmond Tutu ne peut pas être l’objectif, la finalité d’une vie. Seuls le désintéressement, l’humilité, la bonté, le sens de l’intérêt général, le souci de l’autre, la simplicité et tant d’autres qualités que nous avons entendu vanter depuis une semaine, peuvent, avec le temps, faire de vous un tout petit Tutu. Car ce n’est pas un chantier sur lequel l’on se convaincrait d’avoir bientôt fini. Il faut travailler sans relâche et sans calcul. Lorsque vous arrivez au sommet, ce n’est pas vous, mais les autres qui apprécieront ce que vous avez accompli, ce que vous êtes. Ensuite, vous ne pouvez pas dormir sur vos lauriers, car ils peuvent vite se flétrir. Desmond Tutu ne courait pas frénétiquement après les honneurs, la lumière : il est parti sans avoir compris pourquoi la reconnaissance, la gloire, les honneurs lui ont été donnés et, par-dessus tout, l’amour de son peuple, qui le pleure à chaudes larmes.
    1/1/2022
    4:13
  • Et l’incurie n’en finit pas de tuer
    À Madagascar, ces derniers jours de l’année ont été marqués par un deuil terrible : 85 morts dans le naufrage d’un cargo, dans le nord-est de la Grande-île. Que penser des déclarations des mouvements de la société civile, qui insistent sur la responsabilité des autorités, qui ne veilleraient pas assez au contrôle de ces ports ? À Madagascar, en RDC et partout, en Afrique, où l’on meurt aussi facilement, en si grand nombre, et pour d’aussi coupables motifs, il y a presque toujours l’irresponsabilité de certains, et parfois, cette irresponsabilité vient se greffer sur la cupidité. Ces personnes sont victimes de gens qui voulaient, ou avaient peut-être même l’habitude de prospérer sur les risques qu’ils font courir aux autres. Dans un pays normal, lorsqu’un tel drame survient, la justice remonte toute la chaîne de responsabilités et, qu’ils aient failli par négligence, par incompétence, ou par cupidité, personne n’échappe au glaive de la justice. Évidemment, en Afrique, on a toujours tendance à se tourner en premier vers le chef de l’État, lorsque surviennent de tels drames. Sauf qu’un chef d’État ne s’occupe pas de l’embarquement dans chaque port, surtout dans un pays qui en compte treize à dix-sept, peut-être même plus. À moins que ce ne soit parce que le chef de l’État, souvent en Afrique, s’occupe de tout, se mêle de tout, y compris du choix des personnes qui doivent diriger les plus petites entités. ► À lire aussi : Madagascar: journée de deuil national après le naufrage meurtrier d’un bateau cargo Le fléau de la corruption La première personne à interpeller, ici, est le responsable du port d’où n’auraient pas dû embarquer ces passagers. Et même s’il cherchait à se décharger sur ses collaborateurs, sa mission est de veiller à ce que ses subordonnés n’utilisent pas leur position pour d’aussi criminels trafics. Vient ensuite le capitaine du cargo. Qu’il ait survécu ou pas, il est responsable, avec l’armateur, qui voudra sans doute se désolidariser des petites initiatives personnelles de son capitaine. Il se trouve que presque partout où surviennent de tels drames, il y a toujours un fonctionnaire, un employé qui cherche à utiliser sa position pour s'enrichir, au mépris de la vie de plus démunis. Pour fermer les yeux et laisser ce navire voguer vers ce tragique naufrage, il a fallu que certains aient été corrompus, avec l’argent versé par les naufragés, justement. C’est d’autant plus révoltant que ces saisonniers, généralement, travaillent seulement quelques semaines, par an, pour rapporter à leurs familles ce qu’il faut pour survivre. La responsabilité de la justice Davantage que ces honneurs posthumes, c’est la rigueur dissuasive de la loi qui fera cesser ces trafics criminels. Aucun de ceux qui ont pris part, d’une manière ou d’une autre à ce business ne doit être épargné : le capitaine du cargo, s’il est en vie ; l’armateur ; le directeur du port de départ et ses éventuels collaborateurs qui auraient initié ce trafic ou auraient perçu leur part du butin, pour l’autoriser. Même les rabatteurs qui ont attiré les passagers dans cette funeste croisière. C’est ici qu’intervient la responsabilité des juges, et elle appelle beaucoup de vigilance. Car, dans certains pays du continent, un tel dossier a vite fait de s’évanouir dans la nature, parce que des magistrats préfèrent déshonorer leur robe, pour se constituer une fortune personnelle, plutôt que de dire le droit, de rendre justice. Surtout lorsque les victimes sont, comme ces travailleurs saisonniers, d’humbles citoyens, sans soutien aucun, alors que l’armateur, lui, peut s’aligner sur le tarif du juge pour, avec son obole, éteindre toute l’affaire. Si affaire il y a.
    12/25/2021
    3:57
  • Sankara: un crime si difficile à assumer
    Alors que nombre de témoins le désignent comme principal responsable de la fin tragique du héros de la jeunesse africaine, l’ex-bras droit de Blaise Compaoré demeure droit dans ses bottes. C’est tout juste si le général Diendéré ne soutient pas que Sankara est peut-être vivant, quelque part. Ou alors, que s’il est décédé, c’est probablement d’un mauvais palu, et non dans un règlement de comptes sanglant entre révolutionnaires. Au procès sur l’assassinat de Thomas Sankara, à Ouagadougou, les audiences se suivent et se ressemblent. Les témoins à la barre, défilent pour feindre l’amnésie, ou pour indexer le général Gilbert Diendéré comme cerveau de cet assassinat. Autant d’accusations que l’ex-bras droit de Compaoré réfute avec aplomb. Ce procès n’est-il pas en train de perdre les vertus pédagogiques qu’on lui prédisait ? Rien ne se perd, et des retournements spectaculaires restent possibles, dont deux, s’ils survenaient, relèveraient du miracle et restitueraient à ce procès toute la charge historique que l’on en espérait. Un premier miracle serait, ici, de voir le général Diendéré assumer pleinement ce qu’il a fait, ou laissé faire. ► À lire aussi : Assassinat de Thomas Sankara: enjeux et limites d'un procès historique Car, au-delà des dénégations et accusations de faux-témoignages, nul ne peut contester que Sankara est mort, criblé de balles, donc assassiné. Et ceux qui l’ont abattu ont dû avoir reçu le feu vert, sinon l’ordre, de quelqu’un, à qui profiterait le crime. Voilà pourquoi tous se tournent vers Blaise Compaoré et l’homme puissant qui, dans un mutisme absolu, gravitait dans son ombre: le futur général Diendéré. Ce dernier se serait-il permis d’ordonner, de son propre chef, la liquidation d’une figure aussi charismatique que Sankara ? On disait Diendéré capable de donner sa vie pour Compaoré. Jusqu’à présent, son silence aura suffi à son mentor. Endosserait-il, la responsabilité de cet assassinat, pour éviter à Compaoré une condamnation ? D’aucuns, au Faso, ont cru déceler dans son aplomb à la barre l’assurance d’un homme convaincu qu’avant la fin de ce procès, ses amis se seront saisi du pouvoir, pour le libérer et sceller hermétiquement ce dossier resté sans objet pendant vingt-sept ans. Quel serait donc le second miracle possible ? Ce serait voir Blaise Compaoré rentrer à Ouaga, pour laver son honneur de militaire et d’ancien chef d’Etat, en s'évitant le spectacle de son protégé "mourant" pour lui. Vous vous souvenez sans doute des insinuations de Mariam Sankara, qui l’accusait pratiquement de lâcheté, dans une interview sur RFI, à la veille de l’ouverture du procès : « Ne pas répondre à la justice, changer de nationalité, essayer de se dérober… tout cela n’est pas très courageux. Il ne peut pas fuir indéfiniment », disait-elle. Il ne serait pas le premier ancien chef d’État africain renversé à choisir d’aller affronter courageusement la justice de son pays. Jean-Bedel Bokassa, empereur déchu de Centrafrique, avait débarqué à l’improviste à Bangui, en 1986. Il a été jugé, condamné à mort, puis finalement gracié, pour finir sa vie en liberté. Depuis, les Centrafricains lui ont presque tout pardonné, et le regrettent même parfois. Blaise Compaoré ne peut pas risquer pire, au Burkina, s’il choisissait d’assumer… Ce ne semble pas être l’avis de ses avocats, qui préfèrent boycotter le procès… Dans des affaires aussi graves, on se défend toujours mieux, en s’appliquant sur le fond de ses dossiers, plutôt que de céder au dilettantisme des risques imaginaires et de tout ce qui peut empêcher la tenue du procès. Sankara a bien été tué, et son assassinat, pour certains, relèverait des petits meurtres classiques entre révolutionnaires. Depuis le début de ce procès, l’on a pu apprécier à quel point les camarades du Faso étaient, à l’époque, à couteaux tirés, chaque camp guettant l’autre, la main sur la gâchette. Cette banalisation des tueries entre révolutionnaires, durant la guerre froide, a conduit, le 15 octobre 1987, à l'assassinat du héros de tout un continent. Mais le contexte ne devrait dispenser personne d’admettre ses responsabilités dans de tels crimes. Et la pire des indécences serait de persister à faire croire que Sankara a pu mourir de sa belle mort.
    12/18/2021
    3:59

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